Auteur de son 21e but de la saison sur la pelouse de Valladolid, samedi, lors de la 38e journée, Luis Suarez a grandement participé au sacre de l’Atlético Madrid. Une revanche pour l’Uruguayen, poussé vers la sortie de manière peu élégante par le FC Barcelone l’été dernier. « J’entends parler de noms, de potentiels changements, mais personne ne m’a dit qu’on voulait se séparer de moi. Si c’est le souhait du club, ça serait bien qu’on m’en parle directement. J’ai passé six ans au Barça, donc assez de temps pour qu’ils me disent ce qu’ils pensent ». Qu’ils paraissent loin, ces propos tenus par Luis Suarez. Et pourtant, ils datent de moins d’un an. On était alors en août 2020, et des rumeurs persistantes faisaient état d’une volonté du FC Barcelone de se séparer de son attaquant. Fin septembre, la fin de l’aventure était actée : Suarez rejoignait l’Atlético Madrid après six saisons passées en Catalogne et un statut de troisième meilleur buteur de l’histoire du club. Huit mois plus tard, voilà l’Uruguayen champion d’Espagne… avec les Colchoneros. Un joli pied de nez au Barça, qui s’assoit sur le titre pour la deuxième saison de rang, ce qui ne lui était plus arrivé depuis la période 2006-2008. Et une belle revanche pour Suarez, qui n’a pu retenir ses larmes au coup de sifflet final.

L’ATLÉTICO M’A OUVERT SES PORTES
« La situation était difficile, ils m’ont méprisé (le Barça) et l’Atlético m’a ouvert ses portes, a-t-il lâché au micro de la Liga. Beaucoup de gens ont souffert avec moi. Ma femme, mes enfants, au jour le jour. Cela fait beaucoup d’années que je suis dans le football, et c’est l’année où ils ont le plus souffert ». Des mots forts, à la hauteur de sa saison. Un chiffre la résume parfaitement : 21. Comme son nombre de buts en Liga, de son doublé pour sa première sous ses nouvelles couleurs à cette dernière réalisation samedi, sans laquelle le titre aurait échappé à l’Atlético. Mais aussi comme le nombre de points qu’il a rapportés aux Colchoneros grâce à ses buts. C’est bien simple, personne n’a fait aussi bien cette saison dans le championnat espagnol. Le Covid-19 l’a touché en novembre, un pépin physique l’a éloigné des pelouses en avril. Mais à l’arrivée, le «Pistolero» a pesé lourd.

LA « ZONE SUAREZ »
« La ‘zone Suarez’, mon garçon. Je l’ai dit il y a deux jours, j’ai peut-être eu de la chance, mais c’est Suarez, le nom parle de lui-même », s’est amusé Diego Simeone à l’issue de la rencontre. Une référence aux propos qu’avait tenus le «Cholo» suite à la victoire arrachée contre Osasuna (2-1) dimanche dernier, grâce à… Suarez. « On entre dans la ‘zone Suarez’. C’est le moment idéal pour qu’un joueur comme lui puisse trouver les solutions dont l’équipe aura besoin », avait-il lancé. Bingo. Deux buts cruciaux sur les deux derniers matches de la saison, alors qu’il n’avait plus marqué depuis le 21 mars avant cela. Ou comment résumer la résilience du phénomène Suarez. Un joueur qui a su retrouver la confiance au moment idoine dans ce sprint final, et qui a surtout réussi à se réinventer pour prouver qu’il n’était pas encore «cuit», malgré une condition physique pas toujours optimale. Suarez a tiré la langue par moments. Mais samedi soir, c’est au Barça qu’il la tire. n