MONDIAUX 2022 – Allyson Felix qui tire sa révérence, Sydney McLaughlin qui pulvérise son record du monde du 400 mètres haies, Armand Duplantis toujours plus haut, le très attendu Marcell Jacobs obligé de déclarer forfait… De nombreux athlètes ont marqué les Championnats du monde à Eugene qui ont pris fin dimanche.

HEUREUSE QUI COMME FELIX
Son très long voyage au sommet de l’athlétisme mondial a pris fin à Eugene. A 36 ans, Allyson Felix a fait ses adieux à la compétition après avoir ajouté deux médailles de plus à son impressionnant palmarès : l’argent du 4×400 mètres mixte et l’or du 4×400 mètres femmes. Un dernier titre par procuration, puisqu’elle a participé aux séries mais pas à la finale, ultime course des Mondiaux 2022 disputée dimanche soir. Avec ses vingt médailles en Championnats du monde, dont 14 en or, l’Américaine est une légende de son sport. Mais elle se voit avant tout comme la mère de Camryn, sa fille de trois ans. « Mon meilleur souvenir de la semaine d’Eugene, c’est d’avoir vu ma fille m’applaudir et des jeunes femmes me remercier d’avoir pris position pour elles », a souri la septuple championne olympique qui, après son retour de son congé maternité, avait dénoncé l’attitude de Nike, son équipementier de longue date, qui révisait systématiquement à la baisse les contrats de ses athlètes devenues mères.

MCLAUGHLIN SUR SA PLANÈTE
C’est sans aucun doute LA course de ces Mondiaux. Et pour beaucoup, l’une des plus grandes performances de l’histoire. Grande favorite après son sacre olympique de Tokyo un an plus tôt, Sydney McLaughlin a survolé la finale du 400 mètres haies. L’Américaine a relégué sa dauphine, la Néerlandaise Femke Bol à plus d’une seconde et demie et pulvérisé son propre record du monde de 73 centièmes pour le porter à 50»68.
C’est la quatrième fois en un peu plus d’un an que McLaughlin bat le record du monde à qui elle a fait faire un bond d’1»58 ! Et elle n’a pas fini de révolutionner l’athlétisme : après le 400 mètres haies, elle pourrait tourner son attention vers le 110 mètres haies, ou le 400 mètres. Et pourquoi pas faire disparaître le vieux et sulfureux record du monde du tour de piste (47»60) de Marita Koch, établi en 1985 quand elle représentait la RDA.

«MONDO», VRAIMENT DINGO
A 22 ans, Armand Duplantis s’est offert le dernier titre qui manquait à son palmarès. Et le moins que l’on puisse dire est que le champion d’Europe 2018 et champion olympique 2021 l’a fait avec la manière, battant une nouvelle fois son record du monde (la troisième fois cette année) pour le porter à 6,21 mètres.
Plus fort encore, il est le premier depuis la légende Sergueï Bubka (6,14 mètres en 1994) à battre le record du monde en plein air. Et pourtant, «je n’ai pas vraiment pensé au record du monde ce dimanche. D’habitude, c’est toujours dans un coin dans ma tête, mais pas là, je voulais juste gagner», a assuré le Suédois qui a grandi et vit aux Etats-Unis.

JACOBS VA DEVOIR PATIENTER
Il voulait faire taire critiques et sceptiques, mais l’Italien Marcell Jacobs, devenu champion olympique du 100 mètres et du relais 4×100 mètres à la surprise générale à Tokyo, n’a pas dépassé les séries. Touché à une cuisse depuis plusieurs semaines, il a déclaré forfait juste avant les demi-finales, épilogue d’une saison 2022 en plein air quasi blanche. En son absence, les Etats-Unis ont trusté le podium du 100 mètres, avec Fred Kerley, Marvin Bracy et Trayvon Bromell. Team USA a remis ça pour le 200 mètres avec Noah Lyles, sacré en 19»31 pour devenir le troisième meilleur performeur de l’histoire, devant Kenneth Bednarek et Erriyon Knighton. Les Etats-Unis ont survolé leurs Mondiaux avec un total de 33 médailles, dont 13 en or. n