Au lendemain de la réunion de ses experts, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue à recommander la poursuite de la vaccination avec le sérum anti-Covid d’AstraZeneca. Lequel vaccin a été suspendu, faut-il le rappeler, dans plusieurs pays «par précaution», après suspicions d’effets secondaires.

Par Feriel Nourine
«Pour le moment, l’OMS estime que la balance risques/bénéfices penche en faveur du vaccin AstraZeneca et recommande que les vaccinations se poursuivent», a indiqué l’organisation, hier, dans un communiqué. Précisant que ses experts, dont l’avis est très attendu, continuaient «d’évaluer» les données concernant les problèmes de santé rencontrés par quelques personnes vaccinées avec ce produit. La date de la publication des conclusions de ses experts n’a cependant pas été précisée par l’OMS.
L’agence onusienne n’est d’ailleurs pas seule à recommander l’usage de l’antidote mis en cause dans certains pays. L’Agence européenne des médicaments (EMA) s’inscrit elle aussi dans la même ligne de conduite et, mardi, a réitéré sa «ferme conviction» quant aux avantages de l’AstraZeneca contre la Covid-19.
Si dans la quinzaine de pays, dont l’Allemagne, la France et l’Italie, où la suspension de ce vaccin est justifiée par le signalement de problèmes sanguins détectés chez des personnes vaccinées, tels que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots (thrombose), aucun lien avec ce stade n’a toutefois été prouvé. C’est pourquoi le communiqué de l’OMS mentionne cette absence avérée de lien entre le vaccin suspendu et les signes de problèmes sanguins détectés chez ceux qui en ont fait usage. L’organisation explique que «les événements de thrombo-embolie sont fréquents» et que la thrombo-embolie veineuse est la troisième maladie cardio-vasculaire la plus fréquente.
Les frayeurs provoquées par l’AstraZeneca ont fait le tour de plusieurs pays dans le monde, où le vaccin anglo-britannique a débarqué, dont l’Algérie qui en a déjà reçu 50 000 doses au début de février dernier et qui ont été épuisées dans leur totalité, sans qu’il y ait des réactions secondaires susceptibles d’être signalées et de provoquer la mesure de suspension par précaution qui a touché des pays de l’Europe.
Et si, du côté officiel, rien n’a été encore décidé, des spécialistes du secteur médical tentent de rassurer l’opinion publique, à l’exemple du Dr Lyès Merabet, président du Syndicat national de santé publique (SNPSP) qui a déclaré à Reporters que «ce qu’on appelle la vaccino-vigilance, à savoir toutes situations où il y a des réactions post-vaccinales immédiates ou retardées, ce qu’on appelle les effets secondaires, restent tributaires de chaque type de vaccin, y compris ceux que nous sommes en train d’utiliser pour nos enfants et ceux que nous utilisons depuis des années. On est obligés de signaler s’il y a des réactions post-vaccinales ou des réactions quelconque».
Précisant que ce principe est retenu chez nous et ailleurs», M. Merabet a ajouté que «jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de situations particulières par rapport aux effets secondaires ou réactions post-vaccinales, que ce soit pour le vaccin AstraZeneca ou pour le Spoutnik V, ou le Sinopharm que nous avons utilisés».
Un autre médecin dira qu’«il faut savoir relativiser avec ce qui se passe en Europe et même dans d’autres pays, dont certains ont décidé la suspension et d’autres ont annoncé la reprise de la vaccination avec cet antidote». Et d’ajouter qu’«actuellement, nous n’avons pas le vaccin AstraZeneca en Algérie», avant de préconiser la surveillance de près des personnes qui ont été vaccinées, même si, jusqu’à présent, «nous n’avons eu aucun signalement d’effets secondaires tels que ceux dont il est fait cas dans des pays européens et dont la plupart n’ont suspendu le vaccin que par précaution», soutient-il.