Par Leïla Zaimi
Le marché algérien des assurances a baissé durant l’exercice 2020. Ce recul est analysé en grande partie comme étant une conséquence de la crise sanitaire et du choc pandémique de la Covid-19 sur l’activité économique dans le pays.
Selon les chiffres de l’exercice 2020, ce marché a réalisé un chiffre d’affaires de 125 milliards de dinars, en baisse de près de 5% par rapport à celui de 2019. Dans une déclaration à la Radio nationale, Hamza Arbane, un cadre dirigeant à la Société nationale d’assurance (SAA), a précisé que la branche agricole a enregistré à elle seule une baisse de 17%. Elle est suivie par celle de l’automobile, qui a accusé un recul de 9%.
M. Arbane a indiqué que seules les assurances incendie et risques divers (IRD) ont échappé à la baisse avec un niveau de croissance de 1,8 %, une performance toutefois « marginale », a-t-il fait observer. Le chiffre d’affaires de la branche automobile, qui représente pratiquement 50% du chiffre d’affaires des assurances dommage, a été de 62 milliards de dinars. Cette baisse affichée au niveau de cette branche, explique-t-il, est causée par plusieurs facteurs dont l’impact de la nouvelle taxe anti-pollution sur les véhicules de tourisme et engins roulants, instaurée par la loi de finances de 2019. « Pratiquement tous nos clients ont préféré ne pas revoir le montant de la prime à la hausse en choisissant de payer la même prime et ce, en diminuant le montant de la garantie », a-t-il déclaré.
Cet assureur souligne au passage les incidences du confinement, rappelant que cette situation a entraîné la baisse d’activité de plusieurs secteurs. « Les véhicules professionnels, notamment le transport de marchandises et de voyageurs, étaient pratiquement à l’arrêt. Certains ont préféré suspendre leur police d’assurance jusqu’à la fin de la période de confinement et d’autres n’ont même pas renouvelé leurs contrats, vu la réalité économique », a-t-il ajouté.
Pour les observateurs du marché, la crise sanitaire n’est pas la seule raison de sa contre performance bien qu’il n’y ait aucune fermeture ni faillite comme cela a été constaté dans d’autres pays, notamment développés, où des compagnies d’assurances ont baissé rideau. A la base, hormis l’assurance obligatoire notamment celle concernant l’automobile, il n’y a pas en Algérie de culture des assurances, permettant l’extension et la diversification du secteur. La stagnation que connaît le marché du véhicule dans notre pays est une raison que citent les analystes. Ils soulignent le fait que la fermeture des unités de montage et d’assemblage et l’interruption brutale de l’activité de la concession ainsi que l’interdiction d’importer des voitures neuves ont eu un effet négatif sur le marché des assurances. Le séisme qui a frappé récemment Béjaïa et sa région a confirmé également le peu d’entrain des particuliers à acheter des polices d’assurance, parfois par méconnaissance de l’intérêt de cette couverture, très souvent par faiblesse du pouvoir d’achat.