La Société nationale d’assurance (SAA) domine toujours le marché des assurances en Algérie. Pole position dans laquelle la SAA compte se maintenir malgré une concurrence de plus en plus rude qui inquiète le P-DG de la SAA Nacer Saïs.
Ce dernier, qui s’exprimait lors d’un point de presse, organisé au siège de la société, consacré à la situation du marché national et à l’activité de sa compagnie, en 2018, a souligné que «le laisser-faire dans un marché animé par 13 compagnies risque de mener vers des situations insolvables». «Il y a lieu de prendre les mesures nécessaires qui puissent mettre un terme à l’anarchie organisationnelle du marché».
Il estime qu’«au lieu de faire de la concurrence par des tarifs de plus en plus bas, il est plus judicieux de la pratiquer dans l’innovation des produits d’assurances et où tout un chacun des acteurs y trouve son compte». Il dira, pour clore ce chapitre : «Nous attendons des mesures par le biais de nouveaux textes de loi.» Concernant l’évolution du marché national en 2018, le patron de la SAA a indiqué qu’il a enregistré un net regain d’activité «après quatre années de stagnation provoquée par la crise économique que traverse le pays depuis 2014».
Précisant au passage que « les émissions de primes du marché en 2018 ont atteint 142, 635 milliards DZD, réalisant ainsi une croissance de 2% par rapport à l’exercice 2017 ».
M. Saïs relèvera que c’est surtout la branche automobile qui a tiré vers le haut la croissance. C’est, en effet, dans cette dernière qu’il a été enregistré la plus forte croissance (+5,2%) soit 3 391 milliards DZD de primes additionnelles, rapporte le conférencier.
«Cette hausse résulte en partie de la baisse des indemnisations de l’assurance dommage, autrement dit par la baisse du nombre d’accidents en 2018», a-t-il indiqué. Autre branche qui a enregistré une croissance en 2018 par rapport à l’exercice précédent, celle de l’Indemnisation risque dommage (IRD). Par les chiffres cela s’est traduit par une évolution de 1,62%, soit un apport nouveau de 745 millions DZD. En revanche, toujours d’après le premier responsable de la SAA, les branches liées aux assurances «agricoles» et « transport» ont accusé des régressions, respectivement de 6% et 1%.
Concernant les activités de la compagnie en 2018, le conférencier, après avoir donné des détails sur les résultats comptables, a tenu à rappeler que le portefeuille automobile représente 70% du chiffre d’affaires de la SAA. Il dira que «l’interdiction des importations de véhicules neufs depuis 2014 nous a grandement pénalisés. Nous sommes employés à chercher des alternatives pour tenter de combler le déficit à même de nous libérer de cette dépendance à une seule branche d’assurance (automobile). D’où notre option pour une stratégie de diversification mise en place depuis quelques années et qui permettrait d’assurer à la compagnie sa pérennité commerciale». Précisant dans la foulée que la stratégie adoptée à l’époque consistait à utiliser rationnellement les nombreux atouts de la SAA, «en commençant par sa réorganisation en filières». Sur ce dernier point, le patron de la SAA a expliqué que «la filialisation va permettre à la SAA de se focaliser uniquement sur son corps de métier». Au registre des innovations que compte initier la SAA, le responsable a annoncé de nouveaux de produits d’assurances. Citant notamment la «tous risques limités» qui tient compte du pouvoir d’achat des petites et moyennes bourses. Toujours dans ce même registre de la nouveauté commerciale, la SAA va lancer un produit relatif aux risques industriels dénommé la «multirisques entreprises» qui va concerner notamment les PME/PMI.
Interrogé sur le bilan de sa compagnie durant le 1er trimestre 2019, M. Saïs a dit que «l’amorce est meilleure que celle de la même période 2018» et de l’estimer à +7%. Le premier responsable est revenu enfin sur le marché national des assurances. Il estime qu’il est sous-exploité. Il en veut pour preuve qu’il ne représente que 0,7% du PIB alors que la moyenne internationale se situe dans la fourchette de 6 à 7%.<