Le chiffre d’affaires du secteur des assurances a reculé en 2020 à 136 milliards de dinars, contre 144 milliards en 2019, soit une baisse de 8 milliards de dinars, en raison notamment de la crise sanitaire de Covid-19, a indiqué mardi à Alger, le ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane. «Les premiers chiffres du secteur, pour 2020, annoncent une régression de 6% de l’activité des assurances, comparé à 2019», a précisé M. Benabderrahmane lors de son intervention à l’occasion de l’Assemblée générale du Conseil national des assurances (CNA). «C’est pour la première fois le marché des assurances connait un taux de croissance négatif», souligne le ministre expliquant que cette régression «peut trouver son origine dans la situation pandémique que connait notre pays à l’instar de beaucoup d’autres pays du monde». Toutefois, et en dehors de l’année 2020, «l’évolution du marché, même si elle était positive, reste relativement faible», comparée aux potentialités du marché des assurances et vu le taux de pénétration du secteur qui demeure inférieur à 1%, soutient-il. «Ces situations exceptionnelles doivent nous inciter à renforcer davantage la résilience du marché, en veillant au renforcement de tous les paramètres de l’activité des assurances d’une part, et au développement de nouveaux produits d’assurances, d’autre part», a-t-il recommandé. Ainsi, la mise en place, actuellement en cours, de l’assurance Takaful, s’inscrit dans ce cadre, a-t-il assuré, ajoutant qu’elle vise à «favoriser» le développement du marché algérien des assurances, à travers le recours à d’autres modèles d’assurances. Dans ce sens, et afin de favoriser le développement du secteur, le ministre a appelé les acteurs du marché des assurances à une «plus grande exploitation» de certaines branches, citant notamment les assurances de personnes, les assurances des particuliers, les assurances agricoles et les assurances CAT.NAT (catastrophes naturelles). Il a également recommandé «une meilleure discipline» de marché en matière de souscription des risques, en évitant des pratiques qui sont «préjudiciables» à l’équilibre financier et technique des sociétés d’assurances, telles que les baisses tarifaires. M. Benabderrahmane a aussi appelé à l’amélioration des prestations de services, à travers une plus grande diligence dans le traitement et le règlement des dossiers d’indemnisations des assurés, ainsi qu’une amélioration de la qualité de l’information mise à la disposition de la clientèle, au niveau des agences et des site internet des sociétés d’assurances. Exprimant sa conviction que «les différentes compagnies d’assurances sont conscientes des défis qui attendent l’économie nationale, en général et le secteur des assurances, en particulier», le ministre a indiqué que ces défis doivent amener les acteurs du marché des assurances (autorité de régulation, compagnies d’assurances, intermédiaires, UAR et CNA) à déployer «plus d’efforts pour redonner à l’activité des assurances le dynamisme et la place qui est la sienne au sein de l’économie et de la société algérienne».(APS)