400 milliards de centimes. C’est le montant des indemnités d’assurances versées par la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA) aux agriculteurs détenteurs d’un contrat d’assurance, victimes d’un sinistre durant les cinq premiers mois de l’année en cours.

«Des indemnités qui auraient pu être plus élevées si les propriétaires d’exploitations agricoles touchées par les intempéries enregistrées ces derniers mois avaient contracté une police d’assurance», a déclaré le directeur général de la CNMA, Chérif Benhabiles. S’exprimant en marge d’une journée d’information sur une convention cadre liant la CNMA et l’école nationale supérieure d’agronomie (ENSA), organisée hier au sein de l’école, il n’a pas manqué de rappeler l’adage : «à toute chose malheur est bon». Car, pour lui, « cela va peut-être pousser tous ces agriculteurs, qui ne voient pas l’intérêt de s’assurer contre les aléas climatiques et autres sinistres qui pourraient leur causer des pertes financières, à changer d’avis… Il faut que les gens de la terre admettent une fois pour toute que leurs activités restent à la merci des aléas climatiques et autres sinistres». Comme il a déploré «le peu d’engouement des agriculteurs à souscrire une police d’assurance sur leurs activités». Il a rappelé que la part des assurances agricoles ne représente que 3% du chiffre d’affaires des assurances, toutes branches confondues.
Pour Benhabiles la faible pénétration de ce produit peut s’expliquer par le manque de culture d’assurance chez les agriculteurs, le manque d’informations et par le fait que de nombreux agriculteurs jugent que la tarification pratiquée à la souscription d’une police d’assurance reste élevée. «Et pourtant, nous ne cessons pas de mener des campagnes de sensibilisation ces dernières années pour faire comprendre que la tarification n’a rien d’élevée en comparaison avec le risque de perte financière élevée provoqué par un sinistre». Toujours dans le même ordre d’idées, le DG de la CNMA a souligné que la caisse a introduit de nombreux produits d’assurances qui sont tous d’une valeur ajoutée pour les agriculteurs, «c’est d’ailleurs la mission de la caisse en sa qualité d’instrument financier au service du développement de l’agriculture». Interrogé sur le montant des indemnisations versées par la caisse durant l’exercice précédent, il a indiqué « qu’il s’est élevé à près de 700 milliards de centimes. Comparé aux 400 milliards de centimes des 5 premier mois de l’année en cours, il faut croire qu’au bout de cet exercice le montant va facilement dépasser celui de 2017». «Nous tablons sur une progression de 18% de notre chiffre d’affaires en 2018», a-t-il ajouté. Comme il a tenu à faire savoir que la CNMA reste le 1er assureur sur la place financière du pays.
A propos de la convention que la CNMA a signé avec l’ENSA, au mois de mars dernier, le DG a indiqué qu’elle s’inscrit dans la stratégie de la caisse, qui veut initier des mesures d’accompagnement dans le gestion et la prévision des risques dans le secteur de l’agriculture. Pour ce faire, la CNMA compte, dès la prochaine rentrée, recruter 10 ingénieurs diplômés de l’ENSA. Le responsable de la CNMA a souligné que son entreprise, «à travers cette journée, s’implique dans les projets, programmes de recherche et développement dans les domaines de l’assurance agricole en Algérie». A noter que la CNMA compte aujourd’hui 67 caisses régionales et 452 bureaux locaux répartis sur le territoire national. Elle assure les risques liés à l’élevage ovin, bovin, caprin, camelin ainsi que l’élevage de volaille.
Pour l’assurance des cultures, elle prend en charge, entre autres risques, les incendies, les maladies des végétaux, les dommages liés aux intempéries. n