Chose promise chose due. L’assurance spéciale promise pour le personnel soignant est finalement chose concrète à la faveur des décisions annoncées par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue avant-hier dimanche. Cette assurance spéciale concerne les personnels du secteur sanitaire qui se trouvent en première ligne de la lutte contre le nouveau coronavirus (Covid-19).
Après avoir entendu une communication présentée par le ministre des Finances à propos de la mise en place, dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le coronavirus, de cette «assurance au profit des personnels du secteur de la santé directement exposés aux risques de contamination», le chef de l’Etat a apporté des précisions sur les nouvelles mesures prises en faveur de ces personnels au front depuis cinq mois. L’assurance spéciale sera «prise en charge par la présidence de la République, permettra une souscription auprès de la Caar, par personne et par mois, dans la limite de 3 500 dinars par mois pour un capital de 2 000 000 DA, et concernera un effectif de 266 113 personnes», a-t-il déclaré, selon le communiqué ayant sanctionné la réunion du Conseil des ministres. Il a, également, tenu à préciser que «la prise en charge financière de cette prime d’assurance spéciale vient, bien à propos, couvrir les risques encourus par les personnels de la santé publique directement concernés par la prévention et la lutte contre la pandémie de coronavirus».
L’offre d’assurances comporte «des garanties de prévoyance et une assurance complémentaire santé et d’assistance à la personne, aussi bien médicale qu’à domicile», selon le même communiqué. En matière de prévoyance, elle prévoit «les décès toutes causes, les décès liés au Covid-19 et les maladies redoutées». En termes d’assurances complémentaires, les nouvelles mesures prévoient «des garanties de prévoyance contre les contaminations et les effets graves liés à l’exposition au virus Covid-19».
Soulignant encore une fois toute la gratitude vouée aux soldats en blouse blanche, avec tout ce que cela suppose comme risque pour leur propre santé, le Président de la République a affirmé que «cette assurance, qui vient compléter la loi de protection des professionnels de la santé, est le moins que l’Etat pouvait faire pour montrer la reconnaissance de toute la nation à un corps qui se trouve depuis le début de la pandémie de la Covid-19 sur le devant de la bataille sanitaire nationale».
Gare à la bureaucratie !
Il convient de rappeler que c’est le 9 juillet dernier que le chef de l’Etat avait annoncé «des mesures de soutien en faveur du personnel soignant en première ligne dans la lutte contre l’épidémie», dont celle ayant trait à l’institution d’une «assurance spéciale, à la charge de l’Etat, en faveur de tous les médecins et autres personnels de la santé publique, directement concernés par la lutte contre la pandémie».
Les choses semblent avoir bien avancé moins d’un mois après, pourvu que la bureaucratie tant décriée et dénoncée ne se dresse pas en trouble-fête comme cela est le cas pour le versement d’un soutien de 10 000 DA par mois au profit d’un certain nombre de métiers durement affectés par les conséquences de la crise sanitaire due à la Covid-19. En effet, et alors que les versements devant être effectués par l’Etat sont finalisés et que certaines personnes concernées ont déjà touché trois mensualités du soutien étatique, d’autres n’ont même pas encore perçu la première.
Pour en revenir au secteur de la santé, on rappelle, par ailleurs, que le Président Tebboune a signé, à la fin de mars dernier, un décret instituant l’octroi d’une «prime exceptionnelle» au profit de l’ensemble des personnels des structures et établissements publics mobilisés dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Une prime qui a été élargie par la suite, après des protestations d’autres personnels, à d’autres catégories du même secteur, dont les sages-femmes, les psychologues, les agents de la santé publique, les laborantins et les biologistes.<