L’assurance contre les effets des catastrophes naturelles (Cat-Nat) peine à trouver une adhésion massive en Algérie. Chez les particuliers, elle ne couvre qu’un faible taux de 12% des biens immobiliers détenus, a fait savoir Youcef Benmicia, président de l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR). Un faible taux de biens assurés qui fait de cette branche le parent pauvre du secteur et ce, en dépit de son caractère obligatoire depuis son application en 2004. Elle a été institutionnalisée en 2003, après le séisme de Boumerdès.

Par Feriel Nourine
En effet, la Cat-Nat «peine à se généraliser, en dépit de son caractère obligatoire», a déclaré M. Benmicia à la Revue de l’Assurance, publiée par le Conseil national des assurances (CNA), précisant que «12% seulement des biens immobiliers détenus par les particuliers sont couverts actuellement par l’assurance Cat-Nat, en Algérie». Autrement dit, «près de 90% des citoyens, propriétaires de leurs logements, ne les protègent pas contre le risque des catastrophes naturelles», a expliqué le même responsable. Il ajoutera que le non-respect du caractère obligatoire de l’assurance contre les effets des catastrophes naturelles est, également, une pratique courante chez les commerçants et les entrepreneurs. Ces derniers sont majoritaires à tourner le dos à la Cat-Nat, alors qu’ils sont dans l’obligation de le faire même s’ils ne détiennent pas en toute propriété leurs biens immobiliers.
Face à cette situation, les acteurs du secteur des assurances sont en train d’étudier les voies et moyens pour convaincre les concernés du respect du caractère obligatoire de ce produit, a fait savoir M. Benmicia, soulignant que la démarche passera par une révision de la réglementation qui a été déjà entamée. «Pour mettre fin au non-respect du caractère obligatoire de cette assurance par la quasi-totalité des ménages, commerçants et entrepreneurs, des groupes de travail de I’UAR et de la Compagnie centrale de réassurance (CCR) sont en train de revoir la réglementation encadrant le système d’assurance Cat-Nat et conduire via le nouveau dispositif institutionnel à favoriser la généralisation de la souscription à ce type d’assurance», écrit la Revue de l’Assurance.
A noter que l’assurance Cat-Nat est une assurance de biens et non de personnes, qui couvre les dommages directs causés aux biens immobiliers construits en Algérie (immeubles, constructions individuelles, bâtiments à usage professionnel) et les installations industrielles et commerciales y compris leur contenu, c’est-à-dire les biens immobiliers ainsi que les équipements, matériels, marchandises et autres biens contenus. Quatre événements sont pris en charge par ce type d’assurance, à savoir les tremblements de terre, les inondations et coulées de boue, les tempêtes et vents violents et les mouvements de terrain. Des événements qui deviennent de plus en plus courants en Algérie sans pour autant convaincre les détenteurs de biens mis en danger de les assurer. Ce qui coûte aux pouvoirs publics, faut-il le souligner, sachant que, «faute d’une prise en charge normale» par l’assurance des dégâts causés par les catastrophes naturelles, l’Etat consacre annuellement un budget de plus de 30 milliards de DA pour la gestion des risques majeurs, notamment les inondations, les séismes et les feux de forêt.
Au vu du patrimoine de biens conséquents qu’elle cible, elle peut constituer une opportunité certaine pour les compagnies d’assurances qui font face à un recul de leurs chiffres d’affaires, notamment depuis que le secteur de l’automobile a cessé d’être ce réservoir de finances qui cachait la faiblesse des autres produits de l’assurance dommage. Les assureurs ont d’ailleurs déjà lancé des campagnes en vue d’attirer plus de monde vers le produit Cat-Nat.
En octobre dernier, c’était au tour de la Délégation nationale aux risques majeurs d’initier une large campagne nationale de sensibilisation sur «l’obligation de l’assurance Cat-Nat et son grand intérêt pour les différentes catégories des citoyens». Durant cinq jours, plusieurs actions, dont des conférences, des émissions radios et des rencontres auprès des écoliers, étaient à l’ordre du jour pour mettre en avant l’importance de l’assurance Cat-Nat.
La date de lancement de cette campagne a été symboliquement choisie en guise de commémoration du violent séisme d’El Asnam (Chlef), survenu le 10 octobre 1980. <