Jusqu’à nouvel ordre, et ça dure depuis plusieurs décennies, tout ce qui provient du « monde » pétrolier ne peut que nous intéresser, nous, les Algériens. D’où l’importance de suivre les fluctuations du marché de l’or noir pour essayer de voir, plus au moins bien, la stabilité des ressources étatiques. Ainsi en est-il des deux dernières informations. La première remonte à jeudi dernier avec la publication du rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont l’Algérie (pour ceux qui ne le sauraient pas encore) est membre depuis 1969. La référence DZ dans le document est (ce qui est devenu très rare ces dernières années) plutôt positive. Ainsi, le rapport mentionne que les cours du Sahara Blend, le brut de référence algérien, ont terminé l’année 2020 en hausse de plus de 7 dollars. C’était 49,99 dollars le baril en décembre, alors qu’au mois d’avant il était de 42,12. Une augmentation de 17,4% qui vient éclaircir les cieux pétroliers bien sombres. Toutefois, il n’y a pas de quoi pavoiser. Déduire que le plus dur est passé serait une bien mauvaise « conclusion ». La crise pétrolière est bien là. Elle existe depuis au moins 2014 et elle s’est accentuée encore plus avec la Covid-19.
La seconde information d’actualité est venue le rappeler. Celle-ci n’émane pas de l’Opep, mais du ministère de l’Energie. Le communiqué du département de Abdelmadjid Attar, rendu public, a confirmé, chiffres à l’appui, la tendance baissière de la majorité des indicateurs du secteur. Ce n’est évidemment pas une surprise, mais le fait de voir en détail, avec des données officielles, cela permet d’avoir une idée plus ou moins globale de la situation. Et il faut le dire, plutôt il faut l’écrire et bien le souligner, le secteur des hydrocarbures en Algérie traverse une grave crise. Les revenus de 2020 ont donc baissé de 40% par rapport à ceux de l’année d’avant, soit près de la moitié. Ce n’est pas peu, ce n’est pas beaucoup, c’est énorme. Les pertes sont d’autant impressionnantes que déjà en 2019, les cours du baril de pétrole étaient considérés déjà trop faibles. Et quand les revenus sont faibles, les ressources de l’Etat ne peuvent que suivre, et le premier à en subir les conséquences c’est toujours le citoyen lambda. C’est le triste sort des nations dépendantes.