Signe d’une évolution positive de la pandémie ou nécessité économique impérieuse ? Ou les deux à la fois ? L’allègement des mesures de confinement et la reprise de certaines activités commerciales, suspendues au début de la déclaration de la pandémie, suscitent débats et interrogations. Il y a une volonté manifeste de ne point ajouter à la crise sanitaire, une crise économique qui, au fil du temps commence à devenir palpable. Les activités, ayant promptement basculé dans un néant abyssal sans même de perspectives annoncées, commençaient à bouillir malgré les efforts de compréhension affichés. La santé des siens est certes une priorité mais l’incertitude sur son emploi et son salaire pourrait être tout autant angoissante. Avec ces assouplissements, il est davantage fait appel à la responsabilité de la population invitée à s’astreindre au respect des mesures de distanciation sociale et de prévention sanitaire.
Des règles indispensables si l’on veut souffler un tant soit peu d’un confinement difficile. Mais cette atténuation reste particulièrement risquée, d’autant plus que la menace du virus est loin d’avoir été circonscrite. Le confinement déjà compliqué par l’avènement du Ramadhan, un mois propice à la consommation et à la convivialité nocturne, sera sans nul doute mis à rude épreuve. La difficulté remarquée à imposer des règles strictes dans les commerces liés à l’alimentation devraient ainsi redoubler avec le retour d’autres activités. La prudence des autorités concernant le retour du transport urbain est symptomatique de la fragilité de la situation.
Le nombre de cas enregistrés jusque-là reste stationnaire selon les spécialistes, ce qui a visiblement encouragé la prise des mesures d’assouplissement. Il reste que la décision est strictement tributaire du respect sur le terrain de certaines mesures parmi lesquelles l’observation de la distanciation sociale, le port du masque par les clients comme par les commerçants. Pour les autorités, il s’agit bien d’une « oxygénation de la société et du tissu économique ». Il ne sert à rien de combattre un fléau en en créant d’autres tout autant complexes.