L’initiative est un colloque, le 70e du genre, qu’organise la Commission internationale pour l’étude et l’amélioration de l’enseignement des mathématiques (CIEAEM). Elle est signée de la fondation Djanatu Al Arif du cheikh Bentounès et aura lieu cette année en Algérie à l’université Ibn Badis de Mostaganem, du 15 au 19 juillet prochain.

La 70e édition porte sur le thème « Mathématiques et vivre ensemble : processus social et principe didactique », indique un communiqué de la Fondation méditerranéenne pour le développement durable, Djanatu Al Arif, qui organise l’événement avesc l’Association internationale soufie alawia (AISA), dont Cheikh Khaled Bentounès est le président d’honneur.
La CIEAEM a vu le jour en 1950. Elle a son siège à Turin, en Italie, et travaille depuis sa création à améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage des mathématiques. Un sujet qui concerne au plus haut point l’Algérie et son système d’enseignement qui constate, chaque année, un inquiétant décrochage des élèves en ce qui concerne les mathématiques. Par une nouvelle éducation mathématique, ses membres fondateurs « espéraient arriver à une société où les gens seraient capables d’utiliser le raisonnement mathématique et ses outils pour agir rationnellement et développer une pensée critique en tant que citoyens et futurs scientifiques », lit-on sur le portail de la commission. « Une telle perspective humaniste devrait protéger autant contre les attitudes technocratiques que contre les aveuglements idéologiques », y voit-on également dans une approche qui correspond parfaitement à l’action menée par la Fondation algérienne Djanatu Al Arif. Cette fondation a, pour rappel, initié le projet de Journée internationale du « Vivre Ensemble », appuyé par l’Etat algérien et validé en décembre dernier à l’unanimité par les 193 pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le choix de l’Algérie, pays initiateur de la Journée Internationale du Vivre ensemble en Paix, pays riche du potentiel de sa jeunesse et de possibilités dans le domaine de l’éducation, est une première pour la CIEAEM. « Ce choix s’inscrit totalement dans l’esprit humaniste du Vivre ensemble et d’un renouveau de l’enseignement des mathématiques qui a initié la CIEAEM », lit-on dans le communiqué de l’évènement. Pour rappel, utile également, l’annonce de l’organisation de ce colloque intervient quelques mois après que la ministre de l’Education nationale, Noria Benghebrit, eut appelé en mars dernier à établir une comparaison entre les systèmes éducatifs pour savoir comment diriger le système éducatif national.
« Tout système éducatif dans le monde est concerné par une comparaison et il est important de nous situer à l’échelle régionale et mondiale pour savoir comment diriger notre système et nos établissements scolaires et connaître le niveau réel des élèves en mathématiques, culture scientifique et langues par rapport à l’Asie et l’Afrique et autres régions du monde », a-t-elle souligné. En décembre dernier, le directeur général de la pédagogie au ministère de l’Education nationale, Farid Benramdane, a indiqué que 61% des élèves de 15 ans en Algérie n’avaient pas le niveau en compétence d’analyse en s’appuyant sur des résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Ce qui compte pour lui, « à l’heure actuelle est la méthode et les moyens d’améliorer le niveau de l’enseignement en Algérie suivant des objectifs nationaux en tenant compte des constantes nationales ». Pour améliorer le niveau des élèves « il y a lieu d’élaborer un plan national de formation 2017-2020 au profit de l’ensemble des personnels du secteur de l’Education », a préconisé le directeur de la formation au ministère de l’Education nationale, Kamel Hamadou. Un plan pour lequel « 36 000 enseignants bénéficieront d’une formation dans ce cadre au même titre que les inspecteurs, les proviseurs, les directeurs des établissements éducatifs, les censeurs, les superviseurs et les travailleurs des services économiques ».
Le colloque de Mostaganem réunira des chercheurs et des enseignants de tout niveau, provenant de plus de « 20 pays » des cinq continents, qui présenteront leurs recherches et leurs expériences et échangeront dans le cadre de conférences, groupes de travail, ateliers, sessions spéciales, pendant ces cinq jours.