Le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, a relancé mercredi soir à Alger, le débat sur la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pour sa suppression,  la taxation sur les boissons alcoolisées et gazeuses et demande le toilettage des taxes sur les eaux embouteillées. Il appelle aussi à l’élaboration d’une loi alimentaire en urgence.

En effet, « l’Algérie est le pays où les taxes sont trop élevées », a noté M. Hamani, lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion du traditionnel cocktail de fin d’année. D’ailleurs, l’impact de la TAP, plus l’arrondissement des prix à 5 DA, faute de monnaie de moins de cette valeur,  a été estimé à 25% sur l’inflation selon une étude réalisée en 2012, selon la même source. Il a dénoncé aussi « l’amalgame que font certains éléments des services de sécurité entre boissons alcoolisées et alcools soumis à autorisation pour leur transport ». Pour lever cet amalgame, le président de l’Apab devrait se réunir avec les responsables des institutions en charge du contrôle lors du transport » dans les jours à venir.
Concernant le ministère du Commerce, un « accord de principe » a été donné, a-t-il signalé. Les alcools sont régis par une disposition du code des impôts. S’agissant du marché des boissons alcoolisées, l’Apab a transmis une étude détaillée depuis septembre 2016 au ministère du Commerce, a indiqué M. Hamani, qui relève qu’il n’ y a aucun texte sur les niveaux de consommation de particuliers précisant les volumes autorisés au transport. Par ailleurs, l’Apab appelle à l’élaboration en urgence d’une loi alimentaire en Algérie. « Dans tous les pays développés, une loi alimentaire existe, pourquoi pas en Algérie ? », s’est interrogé M. Hamani, qui a interpellé le ministère de la Santé à ce propos. D’ailleurs, l’Apab est associée dans l’opération de réduction du sucre, du sel et des matières grasses dans les produits alimentaires. Certains producteurs ont, en effet, commencé à réduire le taux de sucre dans les boissons, a-t-il affirmé. Dans ce volet, l’Apab va adhérer à l’Organisation mondiale de l’alimentation, a avancé son président.

Probable augmentation des prix des boissons dès mars prochain
Interrogé sur les augmentations sur les produits alimentaires, Sahbi Othmani, P-DG de NCA Rouiba et trésorier de l’Association, a indiqué que l’impact sera de 4 à 5% intervenant en février ou au plus tard en mars prochain. Les raisons, selon ce patron d’une société cotée à la Bourse d’Alger, sont la hausse de la TVA, les coûts de transport variant entre 10 et 20%, les coûts de distribution, en plus de ceux de l’énergie cumulés de plus de 30% mais aussi la pression des augmentations de salaires des personnels des entreprises.
De plus, les producteurs formels sont menacés par le marché informel et les importations, selon le bureau exécutif de l’Apab. Cela dit, « chaque société dégagera son taux d’augmentation des prix qui sera calculé par rapport à ses capacités d’amortissement de ses investissements et ses dépenses ».  Pour l’instant, « l’augmentation n’est pas palpable car en novembre dernier les grossistes avaient beaucoup stocké », a-t-il affirmé.

 

L’Apab sera composée uniquement de producteurs
L’Apab sera uniquement composée de producteurs de boissons, a annoncé mercredi soir son président lors d’une conférence de presse. Les fournisseurs ne sont plus membres depuis fin 2015 car il y a un « manque de visibilité sur cette sous-filière », a argumenté M. Hamani. Pour l’heure, les pertes en cotisations n’ont pas été estimées, selon lui. Face à cela, les producteurs de lait, laits aromatisés et boissons énergétiques rejoindront l’Apab. A cet effet, l’Association a réalisé une étude sur cette sous-filière dont les résultats seront rendus publics à la mi-février. L’autre nouveauté, les producteurs de boissons sont autorisés à distribuer eux-mêmes leurs produits, a fait savoir M. Hamani. Les membres de l’Apab produisent 98% de la consommation nationale et 2% seulement sont le fait d’importation, selon son président.

Dumping : « Le conseil de la concurrence incapable d’agir »
S’agissant du dumping que subissent les produits nationaux, « le conseil de la concurrence est incapable d’agir », ont soutenu les représentants de l’Apab. Dans ce sens, « il n’existe aucun moyen efficace pour dénoncer le dumping et aucun organisme ne peut challenger les prix sous prétexte que les prix sont libres », a ajouté M. Othmani. Pire, « il existe le dumping interne avec des produits importés vendus moins chers », a poursuivi M. Hamani.
Autre problème auquel font face les opérateurs économiques est celui de l’application de la TVA. « Beaucoup de factures restent en suspens car des produits facturés avant fin 2016 et livrés en 2017 posent problème sur qui paie les 2% de l’augmentation de la TVA passant de 17 à 19% ». Le bras de fer se poursuit entre fournisseurs et clients alors que la règlementation donne un délai situé entre 30 et 120 jours », a fait savoir le dirigeant de NCA Rouiba.
(Entretien avec Ali Hamani dans notre prochaine édition)