Les confréries religieuses mettent la main à la pâte et se jettent dans le bain politique. Ce bain ne leur est pas étranger, comme on le sait et qu’on se rappelle leur sollicitation fréquente dans le champ politique, mais leur action s’inscrit, cette fois, dans l’actualité brûlante de la crise politique et institutionnelle que vit le pays.
Dans ce cadre, ces confréries viennent de formuler, par le biais de l’Association algérienne des zaouias et de la culture soufie, une série de propositions dont la création d’une commission nationale indépendante pour la préparation et l’organisation de l’élection présidentielle. Selon cette association, point de processus transitionnel, donc. A la place, un scrutin qui « doit se tenir avant le 1er novembre prochain » avec les garanties de transparence et d’équité nécessaires. Au cœur de ses garanties, une commission nationale, avec des représentations au niveau des wilayas et des communes, qui se chargera entre autres de la supervision, de l’opération de révision des listes électorales et de la désignation des membres des bureaux de vote.
La commission œuvrera de concert avec le Conseil supérieur de la magistrature pour la désignation des magistrats qui seront chargés d’encadrer le scrutin à tous les niveaux, à la place du ministère de la Justice. L’Association propose également l’annulation de la condition de recueillir les signatures de 600 élus, comme stipulé par le code électoral. Elle met l’accent sur «l’impératif de ne laisser aucun responsable nommé intervenir dans le processus électoral, de quelque manière que ce soit». L’association a, par ailleurs, appelé tous les acteurs de la société et l’Armée nationale populaire, à la poursuite de l’assainissement des institutions algériennes de tous les criminels qui ont pillé les richesses du pays et qui tentent de porter atteinte aux acquis, y compris ceux qui trompent le peuple et s’expriment au nom des zaouïas ». Sur ce sujet, elle n’en dit pas davantage, mais suggère que les confréries ne sont pas non plus épargnées par les clivages en cours dans le pays.