Le président du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique (Snaamarsp), Bendali Mohamed Amine, a annoncé que sept syndicats du secteur se sont entendus pour le boycott des assises nationales de la santé prévues pour la fin de l’année ou au début de l’année prochaine et devant être consacrées à une évaluation minutieuse du secteur pour trouver des solutions pratiques applicables sur le terrain.

PAR INES DALI
«Nous avons déjà décidé de boycotter les assises régionales qui débuteront la semaine prochaine et comptons boycotter les assises nationales», a-t-il déclaré. Les sept formations syndicales qui ne comptent pas prendre part aux assises sont le Snaamarsp qu’il préside, le Syndicat des infirmiers algériens (SIA), le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP), le Syndicat national des sage-femmes (SNSF) et le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEP), a précisé le Dr Bendali.
Les sept formations syndicales qui se sont constituées en Coordination nationale des syndicats de la santé ont pris la décision du boycott après que de précédentes réunions n’aient pas abouti à la satisfaction des revendications socio-professionnelles exprimées depuis plusieurs années, selon Dr Bendali. «On a fait trois assises depuis 2011. Maintenant, il y a la loi sanitaire qui existe depuis 2018. Pourquoi parler encore de loi sanitaire, alors qu’il suffit juste de faire des textes d’application ? Pourquoi appeler les syndicats et discuter encore pour élaborer un texte de loi ? Pourquoi cette perte de temps ? On ne comprend pas l’utilité des prochaines assises», a argumenté notre interlocuteur. Il a expliqué que «des négociations sont en cours avec la commission des syndicats», d’où, selon lui, «l’inutilité des assises».
Concernant le syndicat qu’il préside, il a indiqué que le Snaamarsp a rencontré «cinq fois la tutelle et, jusqu’à présent, rien n’a été concrétisé. Nous sommes toujours au point zéro. Rien n’a été fait sur la révision des statuts, sur la formation externe de bac + 5 avec un institut national supérieur, sur la protection juridique…».
Ainsi, il semble que les négociations entre le ministère de la Santé et les partenaires sociaux soient laborieuses et ne sont pas perçues de la même manière par tous les syndicats du secteur. Dans le cadre du dialogue social, des délégations de formations syndicales ont tenu des réunions avec le ministre de la Santé ces derniers jours. Avant-hier mardi, une délégation du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), conduite par son président, Lounès Ghachi, le ministre a appelé les membres du syndicat à participer aux ateliers prévus dans le cadre des prochaines assises nationales du secteur pour soumettre leurs revendications et propositions en faveur de la consolidation des bases du système national de santé à travers des solutions concrètes applicables sur le terrain.
«C’est notre deuxième rencontre avec le ministre en un mois. Il était à l’écoute et nous avons discuté des propositions que nous préparerons pour les prochaines assises. Parmi les points principaux, il y a la révision des statuts des paramédicaux en premier lieu. Il y a également un autre point que nous voulons soulever, celui de la gestion en milieu hospitalier, c’est-à-dire pourquoi ne pas permettre à nos personnels qui gèrent déjà des services au niveau des hôpitaux de gérer un hôpital. C’est une fonction à laquelle nous estimons qu’ils peuvent accéder avec leur capital expérience», a déclaré Lounès Ghachi. Il y a aussi «les soins à domicile» qui peuvent être pris en charge par les paramédicaux, notamment «parmi les retraités auxquels on peut délivrer des agréments, etc.», parmi les autres propositions que compte soumettre le SAP.
Une autre rencontre du genre s’est tenue, lundi dernier, avec une délégation du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU), conduite par le Pr Rachid Belhadj, qui a présenté un exposé détaillé sur les conditions de travail actuelles et les difficultés rencontrées par certains centres hospitaliers. Soulignant que les échanges lors de cette rencontre ont permis de parvenir à un «rapprochement des vues», Pr Belhadj a réitéré «l’engagement» à consentir davantage d’efforts en faveur du système de santé et à favoriser la concertation avec le ministère «en tant que partenaire pour proposer les solutions aux problèmes rencontrés par les centres hospitaliers».
Pour sa part, le président du Syndicat national de praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyès Merabet, a affirmé que «la révision des statuts» des médecins reste parmi les points focaux sur lesquels insiste cette organisation syndicale qui prépare, par ailleurs, les propositions qu’elle compte soumettre aux autorités sanitaires lors des prochaines assises nationales. Ces dernières comptent plusieurs axes et sept ateliers autour desquels seront organisés les débats. «Des propositions seront formulées pour chaque atelier de réflexion, comme la relance du système de santé, le financement, la gestion de la carrière professionnelle, la numérisation, etc.», a affirmé Dr Merabet.
Pour lui, il est nécessaire que plusieurs points soient débattus lors des assises, comme la contractualisation, la tutelle de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) qui devrait passer au ministère de la Santé, ou encore revoir la nomenclature des actes et remboursements, la formation des médecins avec des carrières professionnelles plus intéressantes, les incitations financières, sans oublier la recherche scientifique qui connait plusieurs handicaps. Ce sont autant de propositions et bien d’autres qui sont prévues d’être soumises, selon notre interlocuteur, et les professionnels souhaitent voir se concrétiser. n