Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, poursuit les consultations entamées avec les partenaires sociaux du secteur dans le cadre des préparatifs des assises nationales de la santé, alors que d’autres syndicats ont pris option pour le boycott de cet événement qui devrait se tenir à la fin de décembre prochain.

PAR INES DALI
En recevant une délégation du Syndicat national algérien des pharmacies d’officines (Snapo), mardi, le ministre a réitéré son appel à l’ensemble des partenaires sociaux, soulignant la nécessité de «participer massivement» aux prochaines assises nationales qui seront consacrées à «la relance du secteur, afin de répondre aux défis et aux nouvelles questions sanitaires».
Pour l’heure, il semble y avoir deux blocs, les syndicats participants aux assises nationales et les syndicats boycotteurs. Les premiers sont en train de préparer les propositions à soumettre lors des différents ateliers prévus, tandis que les seconds ont décidé de ne pas y prendre part car ne voyant pas l’utilité de telles rencontres, que ce soient les assises nationales ou les assises régionales les précédant. L’option du boycott a été choisie car bon nombre de ces syndicats ont déjà eu à rencontrer le ministre de la Santé, plusieurs fois pour certains, mais sans que des résultats concrets aient été obtenus, selon le président du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique (Snaamarsp). «Nous avons pris la décision du boycott après que de précédentes réunions n’aient pas abouti à la satisfaction des revendications socio-professionnelles exprimées depuis plusieurs années», a affirmé le président du Snaamarsp, Bendali Mohamed Amine, dans une récente déclaration, rappelant au passage que «trois assises nationales ont été organisées depuis 2011 sans résultats concrets».
Mais pas seulement. Il a mis en avant le fait que «la loi sanitaire existe depuis 2018» et qu’il suffisait «juste d’élaborer les textes d’application». Les formations syndicales qui ne comptent pas participer aux prochaines assises sont au nombre de sept et se sont constituées en Coordination nationale des syndicats de la santé. Il s’agit du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique, du Syndicat des infirmiers algériens, du Syndicat national des médecins généralistes de santé publique, du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique, du Syndicat autonome des biologistes de santé publique, du Syndicat national des sage-femmes et du Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical, a précisé le Dr Bendali.
Pour ceux qui prendront part aux assises, il y a le Snapo dont le président Messaoud Belambri a fait part «des bonnes conditions d’organisation des assises régionales préparatoires aux assises nationales» et exprimé «la disposition du syndicat à participer massivement aux prochaines assises en vue d’organiser le secteur en général, et la profession de pharmacien en particulier». Pour lui, il s’agit d’«améliorer les conditions d’exercice de cette activité, aussi bien au niveau des hôpitaux que dans les pharmacies d’officine, compte tenu de leur rôle pivot». Les prochaines assises seront, également, l’occasion de trouver des solutions à nombre de préoccupations de cette profession, à travers les propositions ayant trait notamment à la formation des personnels, entre autres.
Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) compte, lui aussi, faire des propositions sur la formation des médecins, celle en vigueur datant de plusieurs années et étant devenue obsolète. Les propositions que compte faire ce syndicat lors des assises ne s’arrêtent pas seulement au personnel des praticiens de la santé publique, mais devront être élargies à d’autres volets, comme celui de «la révision des nomenclatures et tarifs que ce soit pour les actes médicaux ou pour le remboursement des médicaments et autres prestations (scanner, IRM, etc.,)», selon le président du SNPSP, Dr Lyès Merabet, qui a fait savoir que «certaines nomenclatures remontent également à plusieurs années et sont, elles aussi, obsolètes».
Outre la révision des statuts des praticiens de la santé publique et la gestion de carrière, la réflexion est engagée pour des propositions touchant à «plusieurs autres aspects, dont la contractualisation, la relance du système de santé, le financement, la numérisation, sans oublier la proposition que la CNAS passe tutelle du ministère de la Santé, entre autres», a affirmé Dr Merabet. A noter que le SNPSP a rencontré le ministre de la Santé le mois en cours et lui a fait part des préoccupations de son syndicat.
Ces rencontres consultatives avec les différents partenaires sociaux, selon le Pr Benbouzid, se présentent comme «l’espace le plus propice au dialogue et à la concertation à tous les niveaux», le but étant de «présenter les préoccupations et trouver les solutions aux différents problèmes soulevés dans le cadre du renforcement et de l’amélioration de la prise en charge de la santé publique». C’est ainsi qu’il a assuré que les problèmes soulevés sont étudiés de façon approfondie lors des assises régionales du secteur qui se tiennent actuellement, en prévision des assises nationales, tout en réitérant le principe du dialogue et de la concertation. n