Seddik Chihab, député et porte-parole du RND a animé hier un regroupement des militants du parti au Palais de la culture Malek-Haddad de Constantine.

Chihab commencera par remettre les pendules à l’heure du RND en évoquant la polémique née à la suite des déclarations de Ouyahia à Paris, pendant la commémoration de l’Armistice du 8 Novembre 1918, qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, et où l’envoyé du président de la République avait parlé de un million et demi de «morts» pendant la Révolution algérienne et non de chouhada, comme c’est de coutume, «une fausse polémique créée et entretenue par plusieurs pyromanes».
Puis, et là c’était la surprise du chef, Seddik Chihab entamera une véritable ode au président de la République. Il rappellera à l’assistance l’avant-Bouteflika aussi bien pour Constantine que pour l’Algérie, et bien sûr l’après, fleuri des réalisations du président de la République, «le créateur de la démocratie sereine». Il affirmera aussi que le Président «est en possession de la totalité de ses moyens pour accomplir son travail, et il le fait tous les jours». Au passage, l’opposition en prendra pour son grade, «incapable de générer une personnalité de la trempe de Bouteflika», et c’est pourquoi il ne faut pas changer pour changer, mais proposer au président d’accomplir «un autre mandat». Ce qui était affiché d’ailleurs sur des posters que brandissaient les militants présents dans la salle.
L’orateur ne manquera pas aussi de relever que la crise financière est mondiale, et que même si elle a quelque peu émoussé les capacités financières de l’Algérie, il n’en demeure pas moins que le choc a été plus dur pour d’autres pays plus armés «que nous, comme l’Arabie Saoudite qui a dû vendre sa «Sonatrach», Aramco, pour faire face au choc de la baisse des prix du pétrole». Le porte-parole du RND ne manquera de faire un clin d’œil à Ouyahia en vantant les mérites du financement non conventionnel, la planche à billets, pour faire face au manque de liquidités, relevant que «l’inflation que les oiseaux de mauvais augure ont prédit n’a pas eu lieu».
La rencontre de Constantine s’achèvera sur des applaudissements et des youyous de circonstance quand un représentant de « la famille révolutionnaire» fera part du vœu de la base pour un cinquième mandat du président Bouteflika. Ce qui ressemble à l’entame d’une campagne électorale qui n’a pas encore dit son nom.