Par Rachid Beldi
L’usine Renault Algérie Production (RAP) a rouvert ses portes pour une reprise partielle de ses activités, indique le groupe français dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. L’opération est devenue possible après le déblocage pour RAP d’un nouveau lot de kits SKD-CKD destiné à l’assemblage de véhicules, explique-t-on.
Autrement dit, il s’agit d’une reprise d’activité qui ressemblera à celles qui l’ont précédée depuis l’interdiction par l’Etat des importations de ce type de kits. Renault de Oued Tlelat continue à se faire livrer les quantités de pièces de montage qu’il avait importées, mais qui sont restées bloquées au port. Et c’est dans ce même ordre de priorité qu’est inscrit ce nouvel arrivage de kits d’assemblage par les responsables de l’usine. Il est destiné à la production de véhicules dont les commandes ont été effectuées par la clientèle avant l’arrêt de l’usine algérienne de Renault. Il s’agit de quelque 4 500 exemplaires que leurs clients attendent depuis longtemps, selon des sources proches de RAP. Cependant, c’est au prix fort que seront cédés ces véhicules avec des augmentations à donner carrément le tournis.
Ainsi, la Renault Symbol 1.6 essence (80 CV) est proposée à 2 489 000 DA, alors que la Logan Sandero Stepway équipée de la même motorisation a atteint le prix de 2 654 000 DA. Pour la motorisation DCi 1.5 (85 CV) du même modèle, il faudra débourser 2 884 000 DA. Quant au troisième modèle assemblé à l’usine d’Oran, en l’occurrence la Renault Clio 4, sa finition Limlited en version essence coûte 3 089 000 DA contre 3 409 pour la version DCi. Ceux qui attendent la livraison d’une Clio 4 GT-line devront, quant à eux, débourser 3 779 000 DA.
Cette hausse vertigineuse des prix de la gamme Renault-Dacia assemblée en Algérie est due à l’entrée en application de la taxe TVA, fixée à 19%, en plus des droits de douanes.
La réouverture partielle de l’usine RAP s’effectue alors que le marché de l’automobile continue d’attendre la reprise promise après l’autorisation accordée aux opérateurs de reprendre l’importation de véhicules. Une promesse qui trouve toujours des difficultés à être appliquée sur le terrain alors que de nombreux prétendants à ce type d’activité attendent leur agrément, et ce, après avoir satisfait à toutes les conditions contenues dans le cahier des charges. Sauf qu’un nouveau cahier des charges a été annoncé par les pouvoirs publics pour ce mois de janvier, alors que le marché a consommé sa seconde année consécutive sans le moindre véhicule neuf à vendre.
Le nouveau texte servira à assouplir un texte qui était, lui-même, venu en mai dernier assouplir le texte hérité de l’ère de Ferhat Aït. Un éternel recommencement qui bloque le dossier des importations automobiles dans un rond-point devenu insoutenable pour les opérateurs et pour les citoyens qui ont le droit d’acheter un véhicule. L’assouplissement dont il est question a été évoqué, il y a un mois, par le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar. En ce sens, le document sera décliné en trois principales mesures, font savoir des sources proches du dossier. Elles concernent la levée de la restriction de l’activité aux seules sociétés au capital social détenu exclusivement par les opérateurs résidents nationaux. Autrement dit, la révision de l’actuel cahier des charges ouvrira de nouveau la porte du marché algérien aux filières étrangères. La seconde mesure a trait à la suppression du régime des quotas dans l’importation de véhicules neufs, alors que la troisième concerne la levée de l’interdiction faite aux futurs concessionnaires d’importer des véhicules dont la motorisation ne doit pas excéder la puissance de 1.6 litre.
Fin janvier est dans quelques jours. Serait-ce réellement la fin de l’attente ?