L’industrie automobile en Algérie devra, dès 2020, passer à sa seconde phase, à savoir celle de la sous-traitance locale, dont l’intégration dans les usines d’assemblage est aujourd’hui bien loin des taux annoncés par les porteurs de projets avant l’entame de leur activité d’assemblage.
En prévision de cette nouvelle étape, « des équipementiers de tous les opérateurs vont être présentés d’ici la fin d’année en vue de signer des conventions de sous-traitance et de fabrication de pièces de rechange, permettant ainsi de remplir la condition du taux d’intégration nationale, qui accuse jusque-là un retard », a fait savoir, jeudi, la ministre de l’Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, précisant que ces conventions feront suite aux discussions ayant eu lieu entre son département et des responsables d’usines automobiles. « Nous avons convenu lors de ces discussions de passer à la deuxième étape, en se penchant sur la question d’intégration nationale », a indiqué la ministre, avant de rappeler que le taux d’intégration exigé dans les cahiers des charges des entreprises d’assemblage était de 15% à la troisième année et de 40% à la cinquième année. La ministre fait référence aux toutes récentes réunions qu’elle a tenues avec des responsables des marques Volkswagen, Seat et Skoda, dont des modèles sont montés dans l’usine Sovac Production (Relizane), puis, quelques jours plus tard, avec les dirigeants de l’usine Renault Algérie (Oran).
Accompagnés des ambassadeurs des pays auxquels appartiennent les marques, ces responsables se sont, pour rappel, engagés à « passer à la seconde étape » dans le processus d’assemblage de leurs usines, avait souligné un communiqué de la tutelle après ces rencontres, ajoutant que dans cette perspective, ils ont été rassurés sur la poursuite de leur activité « normalement » à partir de 2020. « Les ambassadeurs et les opérateurs voulaient s’assurer que la dynamique de l’industrie automobile telle qu’elle a été projetée par l’Etat algérien n’a pas été compromise. Nous avons expliqué qu’il s’agit de mettre les dossiers en conformité avec les engagements. Les entreprises en production sont maintenues et les engagements seront respectés de part et d’autre », a-t-elle avancé en ce sens. Ainsi,
« tous les entreprises vont reprendre leurs activités à partir de 2020 sur la base des engagements souscrits dans les cahiers des charges et dans le cadre réglementaire régissant ce secteur notamment le décret 334-17 du 28 novembre 2017 », selon la ministre.
« 2019 est une année de réajustement par rapport aux comportements de certains industriels. Cette année, nous avons remis les pendules à l’heure », a-t-elle poursuivi. Une démarche qui, pour rappel, s’est faite par voie de plafonnement à 2 milliards de dollars des importations de kits SKD destinés à l’assemblage automobile. Mme Tamazirt a, par ailleurs, affirmé que son département continuait d’examiner toutes les demandes pour l’installation d’une usine d’assemblage de véhicules en Algérie dans le cadre de la poursuite de la stratégie du secteur qui vise à produire 600 000 véhicules à l’horizon 2023.
Interrogée sur les demandes rejetées par le ministère, la ministre a expliqué qu’il s’agit de cas de « non-conformité » au dispositif de loi, ou de dossiers incomplets. « La plupart des demandes (rejetées) n’ont pas rempli la condition d’associer un constructeur de renommée mondiale dans le capital pour assurer le transfert de technologies et un taux d’intégration appréciable », a-elle précisé.
Concernant le projet d’usine Peugeot Citroën Production Algérie, elle a rappelé que la construction de l’usine devant l’accueillir, à Oran, est toujours en cours et que l’activité d’assemblage y est toujours prévue pour
le 1er semestre 2020. La question reste toutefois posée concernant l’avenir du Groupe algérien Condor dans le projet PCPA, sachant que ce dernier est l’un des partenaires locaux du groupe PSPA, alors que ses dirigeants, dont le P-DG Moussa Benhamadi, se trouvent en détention provisoire pour des affaires de malversation.