Lutter efficacement contre le terrorisme dans le continent africain et autres ne peut se faire sans une démarche globale visant à assécher les ressources financières qui maintiennent en vie ce dangereux phénomène.

  La traque policière et militaire des terroristes ne peut seule permettre le retour définitif à la paix et à la stabilité. La réussite de l’action sécuritaire sur le terrain est conditionnée par le blocage et la destruction de tous les moyens financiers aux mains des terroristes qui sèment le chaos dans plus d’un territoire. Sans moyens financiers, les terroristes ne peuvent tenir longtemps ou mener des attentats de grande envergure. Les efforts des pays et des institutions internationales impliqués dans la lutte contre le terrorisme doivent s’orienter davantage vers le volet financement.  Il est admis que les chefs terroristes recourent plus à la tentation financière pour avoir de nouveaux combattants qu’à la propagande idéologique. Profitant de la situation socioéconomique difficile que vivent de larges franges de populations des pays de la région, les chefs terroristes emploient d’importants moyens financiers pour mobiliser de nouveaux combattants, recruter des complices, se ravitailler et se permettre de vastes opérations de propagande via les supports modernes de communication, notamment les réseaux sociaux, devenus les préférés des leaders terroristes. Pour tarir les ressources financières du terrorisme, il va falloir une plus grande fermeté en matière de lutte contre le payement des rançons aux terroristes. Grâce aux rançons payées aux groupes terroristes activant dans la région du Sahel par des pays européens, dont l’Autriche, pour libérer leurs ressortissants kidnappés, l’activité terroriste a connu un nouveau souffle. Une interdiction du paiement des rançons par les Etats et agents non étatiques aidera à réduire l’activité et les capacités financières des groupes terroristes. Le phénomène du paiement des rançons a pris une proportion alarmante en Libye d’après-Kadhafi. En outre, les pays occidentaux doivent redoubler d’effort en surveillant les mouvements de capitaux détenus par des réseaux proches des groupes terroristes. Il est également nécessaire, voire inévitable, de tracer des programmes de lutte contre la contrebande et de mise en place de programmes de développement au profit des populations des zones isolées pour qu’elles soient à l’abri de la tentation.