Réagissant aux appels à la peine de mort, revendiquée par de nombreux citoyens, contre l’assassin de la petite Salsabil, le procureur de la République près le tribunal d’Oran s’est exprimé pour affirmer que la « justice suivra son cours ».

Dans un communiqué rendu public jeudi par le ministère de la Justice, le magistrat a apporté la lumière sur le dossier, rappelant que « les investigations menées par les services de police sous notre supervision ont conduit, en un temps record, à l’arrestation de deux personnes suspectées d’implication dans ce crime et leur présentation à la justice. Le juge d’instruction a ordonné le placement des mis en cause en détention provisoire pour les besoins de l’enquête ».
Il s’agit de l’auteur du crime, K. A., âgé de 18 ans, et de C. A. qui a transporté dans son véhicule le corps de la victime vers l’endroit où il a été découvert. Selon les premières données de l’enquête, l’auteur aurait attiré la victime avant de l’agresser sexuellement et la tuer pour se débarrasser ensuite du corps. Le cadavre de Salsabil (9 ans) a été découvert dans un sac en plastique près d’un garage au quartier Echouhada, où se sont déplacés après minuit des enquêteurs, des experts du laboratoire régional de la police scientifique et technique, du médecin légiste et d’autres services concernés.
L’assassinat de la petite Salsabil, qui a été inhumée dimanche, vient rappeler la tragédie de la petite Nihal à Tizi Ouzou, en 2016, Haroun et Brahim à Constantine, en 2013, Chaïma à Alger, en 2012, Houssam Belkacemi à Tipasa, en 2017, et bien d’autres enfants. Un odieux crime qui a remis sur la table le débat autour de l’application de la peine capitale à l’endroit des auteurs de viols et crimes sur mineurs. Les appels pour l’application de cette sentence contre l’assassin de la petite Salsabil se sont multipliés sur les réseaux sociaux dès l’annonce de la terrible nouvelle qui a mis en émoi et en colère les Algériens aux quatre coins du pays. De son côté, la famille de la victime, encore sous le choc, réclame une peine qui châtie le meurtrier à la dimension de l’acte odieux qu’il a commis. Les Zehaf veulent que la justice frappe fort, très fort, et exécute l’assassin de sa petite fille. Ce serait « un exemple pour tous les assassins d’enfants », revendique-t-elle.
Il y a quelques mois, la Gendarmerie nationale avait indiqué qu’il y a eu 81 cas d’enlèvements d’enfants en 2017. Les cas d’abus sexuels sur cette catégorie de citoyens se comptent par contre par milliers -près de 5 000 durant la même année. Il est utile de rappeler que face à l’ampleur prise par ce phénomène, le gouvernement a mis en place, depuis 2016, un dispositif national d’alerte contre les disparitions d’enfants, appelé «Alerte rapt/disparition d’enfants».