Par Bouzid Chalabi
Même si elles sont les bienvenues, notamment pour les agriculteurs, elles sont très loin d’annoncer une accalmie en matière de besoin en eau potable.
Ces dernières quarante-huit heures, 40 mm de pluies se sont abattues sur toute la frange nord du pays.
Ainsi des pluies importantes se sont abattues et du coup la bande septentrionale, où sont implantés un grand nombre de barrages, a été bien arrosée, relèvent des témoins sur place que Reporters a pu joindre hier par téléphone. Des cadres hydrauliciens auprès des annexes locales de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) attestent, par ailleurs, à l’unanimité que «l’important volume de précipitation aura permis, à défaut de reconstituer les réserves des ouvrages hydrauliques, au moins d’ouvrir la campagne labours-semailles 2021 chez les céréaliculteurs». Cependant, du côté du ministère des Ressources halieutiques, on reste quelque peu sceptique. En effet, un responsable auprès de ce département, approché par Reporters, mais qui a tenu à garder l’anonymat, nous dira à propos des premières pluies : «Certes, elles ont été importantes en termes de répartition sur le territoire nord du pays et du cumul enregistré ces deux derniers jours (vendredi et samedi), il n’en demeure pas moins que, même si elles sont les bienvenues, notamment pour les agriculteurs, elles sont très loin d’annoncer la fin de la sécheresse qui sévit depuis trois ans dans le pays». Notre source, sans tomber dans le pessimisme, a tenu à rappeler une dure réalité du stress hydrique que connaît le pays et de son grave impact dans le quotidien des citoyens, notamment ceux des grandes villes.
Et de lâcher dans la foulée : « Il y a lieu de croire, en se basant sur des études menées par des experts en climatologie, que le stress hydrique va durer encore longtemps par l’effet du dérèglement climatique que connaît la planète.» Toujours dans ce même sillage, il a souligné : «Ces pluies automnales ne signent pas la fin du dérèglement climatique qui frappe de plein fouet la rive sud de la Méditerranée. Et qui de surcroît est appelé à s’installer dans la durée dans une zone déjà semi-aride et qui a tout lieu de devenir aride, comme c’est le cas dans le sud du pays.» Face à cette réalité, il est clair que le recours au dessalement et au recyclage des eaux usées devient une alternative incontournable et impérative.
Le gouvernement l’a d’ailleurs compris. C’est pourquoi, sur instruction du Chef de l’Etat, il a été décidé la mise en œuvre d’un programme d’urgence avec comme priorité de multiplier la production des ressources non conventionnelles, à savoir le dessalement et le recyclage des eaux usées. Le but étant à travers ce programme de faire face à la très grave pénurie d’eau potable comme cela a été le cas cet été. En somme, il s’agira d’assurer l’alimentation en eau potable (AEP) des populations sans trop compter sur la pluviométrie. A ce propos, il convient de savoir que l’Algérie est classée à la 29e place des pays en fonction du degré de stress hydrique subi, selon le dernier classement établi par le think tank américain World Resources Institute.
Selon cette étude, publiée en août dernier, de par ce classement, l’Algérie fait partie de la catégorie rouge des pays au stress hydrique «élevé», avant-dernière catégorie des pays au stress hydrique «extrêmement élevé».
Toujours selon cette même source, d’autres pays voisins de l’Algérie ou du pourtour méditerranéen figurent dans la même catégorie, tels que la Tunisie, qui occupe la 30e position, l’Espagne (28e), l’Italie (44e), l’Egypte (43e) et, enfin, le Maroc (22e). <