La déclaration faite lundi matin à la radio par le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, à travers laquelle il avait indiqué que le vaccin russe Spoutnik V serait réceptionné mardi ou mercredi, donc hier ou aujourd’hui, a été très vite rectifiée par la tutelle. Nouveau couac dans la communication.

En effet, à la question de savoir quand le premier lot de vaccin arrivera, le Dr Djamel Fourar a répondu sur les ondes de la Radio nationale : «C’est vraiment imminent. Ça peut être demain (mardi, ndlr) ou après-demain (mercredi, ndlr), compte tenu des actions qu’entreprend l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) avec le partenaire russe pour acquérir rapidement le vaccin. Dès que le vaccin arrivera, nous allons lancer la campagne de vaccination».
Dans un communiqué diffusé le jour même, soit lundi, le ministère de la Santé, de la Population et de Réforme hospitalière a indiqué que les déclarations du Dr Djamel Fourar, qui est également directeur général de la prévention et de la promotion de la santé, «ont été mal interprétées» et qu’«en aucun cas, il n’a affirmé la réception dudit vaccin». Le ministère a, par la suite, réaffirmé que «l’arrivée du vaccin anti-Covid-19 est programmée pour le mois en cours» et qu’il «s’engage à informer les citoyens dès sa réception».
Ce n’est pas la première fois qu’il y a polémique sur le sujet lié au vaccin ou à la vaccination. Il y a des approximations qui ne sont guère les bienvenues car elles ajoutent à la confusion dans l’information du citoyen plutôt que de le rassurer, et ce, alors que la campagne censée sensibiliser la population vient d’être lancée.
L’annonce d’une date de réception du vaccin se fait attendre depuis que le choix de l’antidote a été déterminé ainsi que la quantité de 500.000 doses à importer durant janvier courant afin de lancer la campagne de vaccination en ce même mois. Le vaccin russe Spoutnik V ayant été enregistré par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) dimanche dernier, étape obligatoire avant de vacciner, il ne reste donc plus qu’à réceptionner l’anti-Covid-19.
Or, cette hésitation à se prononcer sur une date laisse entrevoir une certaine incertitude qui serait, probablement, la conséquence des hésitations précédentes liées au choix du vaccin. Une étape qui, malgré le fait qu’elle ait débuté en août dernier, a tout de même duré près de cinq mois avant qu’une décision ferme soit prise. Ce n’est qu’après l’intervention du président de la République via un tweet depuis son lieu d’hospitalisation en Allemagne, le 20 décembre dernier, que les choses ont vraiment commencé à bouger et prendre forme. Il avait alors instruit le Premier ministre de présider «sans délais» une réunion avec le Comité scientifique pour choisir le vaccin adéquat anti Covid-19 afin de lancer la campagne de vaccination en janvier. La réunion s’est tenue dès le lendemain et les choses se sont ensuite accélérées pour que le choix du vaccin soit, enfin, annoncé le 31 décembre.
Près de deux semaines après, seule la campagne de sensibilisation a été lancée et les Algériens voulant se faire vacciner ignorent toujours à partir de quand ils auront droit à l’antidote.
Cet épisode d’un problème dans la communication n’est pas le premier. Il y a près de deux mois, une véritable polémique avait éclaté lorsque le ministre de la Santé avait remis en question les déclarations d’un membre du Comité scientifique sur la gratuité de la vaccination, affirmant que cela n’engageait que lui. Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins, avait, en effet, évoqué la gratuité de la vaccination, dans le sillage de ce qui a toujours été fait en Algérie lorsqu’il s’agissait de la préservation de la santé publique.
Il avait même affirmé qu’il souhaitait voir les premières injections de l’anti-Covid-19 en janvier. Cette autre déclaration n’était pas non plus du goût du ministre, puisqu’à ce moment-là aucune décision n’avait encore été prise et, selon lui, il était hasardeux de se prononcer sur une date sur le début de la campagne de vaccination, cela d’autant que même les pays développés n’avaient pas encore annoncé de date de vaccination pour janvier alors qu’ils parlaient déjà de commandes.
Quoi qu’il en soit, les déclarations et contre-déclarations ou encore les déclarations approximatives ne sont pas de nature à rassurer les citoyens en quête d’une information exacte, ne souffrant aucune ambigüité.