Après un avis d’appel d’offres lancé en mars dernier par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), pour l’achat de 40 000 tonnes d’orge fourragère rendu infructueux, l’OAIC revient sur le marché pour l’acquisition de 50 000 tonnes d’orge fourragère livrables en octobre 2021.

Par Bouzid Chalabi
Chose qui pourrait lever la tension qui prévaut actuellement sur le marché national de la commercialisation de cette céréale secondaire, destinée à l’alimentation des bovins et ovins. Une bonne nouvelle en tout cas pour les éleveurs.
Faut-il rappeler dans ce sens que les mois de sécheresse qu’a connus le pays se sont traduits par de très faibles rendements de fourrage vert indispensable à une bonne conduite d’élevage de bovins et ovins. Du coup, la demande de cet aliment, considéré par les éleveurs comme un appoint alimentaire à leur cheptel, a explosé au point où les prix ont grimpé de façon exorbitante, passant du simple au double, de 1 500 DA le quintal à 3 000 DA, voire 4 000 DA par endroit, provoqués en cela par la spéculation et plongeant ainsi dans le désarroi la grande famille des éleveurs. Ces derniers par le biais de leur filière sont vite montés au créneau, dénonçant, en effet, la mainmise d’indus éleveurs dérégulant tout le système de quotas en place.
Entre-temps, la tension sur l’orge s’est accentuée au point de gonfler la colère des éleveurs ne trouvant plus à quel saint se vouer si ce n’est d’attendre en dernier ressort que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural leur vienne en aide. Conscient de leur désarroi, le département s’est engagé à l’époque à prendre une série de mesures consistant en substance à renforcer sur le terrain l’approvisionnement des éleveurs en orge. Ce qui a apaisé la colère des éleveurs sans pour autant redouter que les mesures tardent à se concrétiser sur le terrain. Une crainte tout à fait légitime tant il est vrai que les cheptels ne sauraient s’accommoder d’un faible ratio alimentaire au moment où il faut les nourrir à satiété, indispensable pour les besoins d’une bonne conduite d’élevage.
Sur ce dernier point, Bouzid Sellami, membre de la Fédération des éleveurs d’ovins, explique à Reporters que « 300 grammes d’orge par jour c’est la quantité de fourrage nécessaire à l’ovin afin qu’il puisse combler son manque à brouter sur les terres de parcours des plus arides cette année. L’éleveur tente de combler le déficit alimentaire par un apport de 50 grammes d’orge par jour ». Notre locuteur précise dans la foulée : « C’est l’unique solution pour que l’éleveur se mette à l’abri de lourdes pertes financières comme de voir son cheptel diminuer à un rythme décourageant. »
A propos des mesures avancées à l’époque par le ministère de l’Agriculture, il y a lieu de rappeler le dispositif à plus longue échéance, à savoir le projet piloté par l’Office national de l’aliment du bétail (Onab) de fabriquer un aliment alternatif à base de maïs, d’orge et de son, qui sera commercialisé aux éleveurs à des prix étudiés. Ce dispositif prendra également en charge toute cette problématique du point de vue de régulation, de disponibilité et des prix. Cependant, si pour la grande famille des éleveurs c’est là une initiative très intéressante, il reste que pour l’heure, il y a urgence de freiner la spéculation. « C’est là une priorité à laquelle devrait s’atteler conjointement le ministère de tutelle et celui du Commerce », se rejoigne-t-on à dire du côté de la fédération. <