PAR NAZIM B.
Les jeunes détenus, au nombre de 60, pour des faits liés à la triche aux épreuves du baccalauréat 2021, quitteront leur lieu de détention suite aux mesures d’élargissement décrétées hier par le président Tebboune.
C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère de la Justice, qui précise que la mesure d’élargissement a été prise à l’occasion de la fête de l’Aïd el Adha qui sera célébrée mardi prochain.
«A l’occasion de la fête de l’Aïd El Adha 2021, le ministère de la Justice informe l’opinion publique que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a décrété des mesures d’élargissement aux profits des jeunes détenus pour des faits liés à la triche aux épreuves du Bac session 2021», précise la même source. «Les juridictions compétentes devront prendre les mesures nécessaires à l’effet d’élargir 60 personnes pour rejoindre leurs familles et proches avant ce weekend», ajoute la même source.
A rappeler que le nombre d’individus poursuivis pour fraude aux épreuves du Baccalauréat (session juin 2021) a atteint, au niveau national, 161 dont 64 ont été condamnés à des peines de 6 mois à 3 ans de prison ferme. «Les efforts des pouvoirs publics en matière de lutte contre la triche aux épreuves du Baccalauréat depuis le début de l’examen à ce jeudi (dernier jour du Bac) se sont soldés, par le lancement de poursuites judiciaires à l’encontre de 161 individus dont 73 ont été placés en détention tandis que 9 autres ont été placés sous contrôle judiciaire», avait indiqué un bilan du ministère de la Justice.
«Des peines d’emprisonnement ferme de 6 mois à 3 ans assorties d’amendes de 100 000 à 500 000 DA ont été prononcées à l’encontre de 64 d’entre eux», ajoute la même source.
Ces cas de triche ont été traités par les juridictions compétentes des Cours de Tébessa, Ghardaïa, Sétif, Tissemsilt, Chlef, Béchar, Djelfa, Laghouat, M’Sila, Guelma, Mila, Tipasa, Blida, Bouira, Mascara, Mostaganem, Boumerdès, Batna, Ghardaïa, Tlemcen, Béjaia, El Oued, Jijel et Illizi, a encore précisé la même source.
Les faits attribués aux mis en cause concernent «le délit de diffusion de sujets d’examen et de corrigés types du Bac par le biais de moyens de communication à distance et détectés et signalés pour la majorité par l’Organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.
Pour l’ensemble des organisations syndicales du secteur de l’éducation, «c’est excessif et inacceptable d’emprisonner des adolescents pour tentative de fraude», estime le Satef, qui propose de «les bannir à vie de l’examen du baccalauréat», considérant que ce «serait déjà une sanction extrême». Pour sa part, le coordinateur du Cnapeste, Messaoud Boudiba, est formel.
«Quand il s’agit de la triche à l’intérieur des classes, la seule sanction nécessaire est pédagogique», soutient-il, ajoutant que «la justice ne doit pas intervenir à ce niveau». Le président de l’Association des parents d’élèves, Khaled Ahmed, estime, quant à lui, que «l’emprisonnement des candidats est sévère», relevant que «les juges doivent prendre en considération le fait que les adolescents, auteurs de tentatives de triche, n’ont pas le même niveau de conscience que les adultes». <