Les manifestants arrêtes lors du 48e vendredi de mobilisation populaire seront présentés, aujourd’hui, devant le procureur du tribunal de Sidi M’Hamed, a annoncé hier le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
Le 48e vendredi de mobilisation populaire a été, en effet, marqué par des interpellations dès les premières heures de la matinée. Ce sont «15 manifestants qui ont été maintenus en garde à vue au commissariat», indique le Réseau pour la lutte contre la répression, alors que des témoins oculaires indiquent que nombreux manifestants ont été interpellés et plusieurs ont été remis en liberté en fin de journée, tandis qu’une dizaine d’entre eux a été maintenus en garde à vue. Ces derniers seront entendus par le procureur de la République pour répondre des chefs d’inculpations qui n’étaient pas encore connus hier par le collectif de la défense.
Une fois l’étape du procureur de la République passée, les manifestants arrêtés seront présentés devant le juge d’instruction près de la même instance qui, théoriquement, jouit de la prérogative de rendre une ordonnance de non-lieu s’il considère que les faits reprochés aux prévenus ne sont pas établis, comme il peut
«placer les concernés en détention préventive ou sous contrôle judiciaire», nous indique un avocat.
Parmi les présents aujourd’hui au tribunal de Sidi M’hamed, il y aura Hakim Mouhoubi et Reda Bouarissa, deux ex-détenus du Hirak qui ont été libérés le 2 janvier de la prison d’El Harrach. Sera également présenté devant le Procureur de la République un militant du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), dont le président Abdelouahab Fersaoui est en détention préventive depuis le 14 octobre dernier. Ces dernières arrestations opérées parmi les Hirakistes n’ont pas manqué de susciter l’ire des militants des droits de l’Homme qui ont décrié un «régime qui ne change pas d’attitude». Rappelant que la demande de libération provisoire de son président a été rejetée, le mouvement dénonce des «pratiques autoritaires». Loin du tribunal d’Alger, mais toujours très proche du dossier de poursuites contre des militants politiques, le tribunal d’Annaba aura à prononcer aujourd’hui son verdict dans l’affaire du rédacteur en chef du journal Le Provincial, Mustapha Bendjamaâ. Par ailleurs, le CNLD rapporte que le procès en appel des 5 détenus libérés est programmé pour mercredi prochain à la Cour d’Alger (Ruisseau). C’est le procureur qui a interjeté appel contre ces prévenus, acquittés le 13 novembre dernier par le tribunal de Bab El Oued, après avoir été poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale».