A quoi joue Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), et son bureau ? C’est la question que tout le monde se pose. Alors qu’une décision définitive concernant le sort à donner à la saison 2019-2020 était attendue, le BF, réunie hier, a préféré convoquer une Assemblée générale extraordinaire.

L’équipe fédérale a fait valoir l’article 29.1 des statuts des statuts de la FAF qui stipule qu’une AGEx peut être tenue «à la demande du bureau fédéral et son Président.» Est-ce une démarche «démocratique» pour fuir la responsabilité ou une manœuvre pour contraindre le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) à valider le changement de mode de compétition ? Flou total.

Gain de temps et perte de points
Zetchi a temporisé. Longtemps pour exécuter son plan de changements de compétitions et l’avaliser. Le MJS s’y est interposé. Mais le patron de la FAF semble avoir trouvé la parade pour arriver à ses fins et avoir une Ligue 1 à 20 clubs comme il l’a planifié.
Il n’a pas hésité à mettre à profit le contexte sanitaire tendu pour faire passer sa feuille de route en soumettant ça au vote de l’Assemblée générale qu’il prévoit de convoquer dans les jours à venir. Pourtant, la tutelle étatique a été claire à ce sujet en interdisant tout changement dans les statuts ou les modes de compétitions avant les élections fédérales. Zetchi n’en a rien à carrer.
En soumettant le sort du championnat dans son édition 2019-2020 au vote, il est quasiment certain qu’une Ligue 1 à 20 clubs fera l’unanimité parce qu’il n’y aura pas de relégués. En plus, 4 clubs pourraient accéder à l’élite. Un scénario qui arrangerait tous les votants et mettrait le MJS, qui a décidé de geler les compétitions le 16 mars dernier en raison du Coronavirus, devant le fait accompli.

Bras de fer avec le MJS
Récemment, le communiqué ayant émané de la bâtisse de la Place 1er Mai, a été catégorique : «pas de reprise des compétitions pour l’instant.» Ceci ne devait pas trop laisser le choix au BF si ce n’est se plier à la situation sanitaire alarmante au pays. Surtout que la propagation du Coronavirus ne tend absolument pas vers baisse.
En tout cas, à l’ordre du jour de cette AGEx, il y aura deux propositions qui seront soumises à l’assemblée générale si jamais elle déciderait de ne pas reprendre le championnat. Pour la première, elle consistera à «décréter une saison blanche sans déclarer de champion, ni de promus ou de relégués.» Quant au second projet, il sera de «décider s’il faudra considérer le classement à la 22e journée pour décerner le titre au leader et désigner les représentants aux compétitions internationales, en plus des promus et des relégués.»

Medouar dans le collimateur
A ce sujet, Abdelkrim Medouar, président de la Ligue de football professionnel (FAF), avait décidé de faire une tournée en sondant les représentants des différentes Ligues régionales pour connaître la tendance. Opération qui n’avait fait qu’accentuer la polémique et semer la zizanie. A cette brume, Zetchi a trouvé la parade : le vote. Ainsi, il tirera tout au clair et avortera la campagne de déstabilisation de Medouar qui est passé de l’insistance à «continuer la saison même en novembre s’il le faut» à «il est préférable d’arrêter le championnat». Un revirement qui laissait croire qu’il voulait profiter de la posture fragile de Zetchi pour se faire son petit cercle de «nouveaux fidèles» en prévision d’une nouvelle reconduction à la tête de la structure qui gère le championnat avec ses deux paliers «pro».
Somme toute, ce qui se joue concrètement n’est pas l’avenir de la séquence 2019-2020. C’est juste la campagne élective qui a commencé à quelques mois des élections fédérales. Zetchi n’a pas voulu perdre la famille du foot mais il s’est -probablement- mis à dos les Autorités qui auraient certainement souhaité ne pas être mêlées à cette affaire. Jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse, le MJS n’avait pas réagi à la demande de la FAF qui a sollicité l’autorisation pour tenir l’AGEx, au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa, avec la présence physique de toutes les parties et ce en respectant les mesures préventives liées à la Covid-19. Dans un cas échéant, elle se tiendra par visioconférence ou par des courriers.