Alors que l’Algérie est passée au stade III de l’épidémie de Covid-19 et que de nouvelles mesures de confinement ont été annoncées, les médecins activant dans le secteur privé suspendent toujours leurs activités. Une situation pour le moins incompréhensible au vu de l’urgence sanitaire que vit le pays depuis l’arrivée du coronavirus.
La suspension des activités continue de susciter le désarroi des patients qui ne savent pas à quel saint se vouer notamment depuis que les établissements de la santé publique font davantage face à la propagation du Covid-19, particulièrement dans certaines wilayas.
Contrairement aux praticiens privés, les pharmaciens continuent d’assurer leurs activités et d’assister les patients qui se plaignent de l’absence de leurs médecins auprès des officines, nous informe Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo).
Suite à l’indisponibilité de médecins, le Snapo sollicite le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ainsi que celui du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale pour assister les patients souffrant de maladies chroniques.
Après coordination, le Snapo informe, dans une note, les professionnels de santé que les deux tutelles ont décidé d’autoriser aux pharmaciens de « renouveler pour un mois de traitement » lorsque l’assuré social, malade chronique est dans l’incapacité de présenter une ordonnance.
Les patients chroniques n’auront qu’à se rendre en pharmacie avec leur ancienne ordonnance, qui pourront les dispenser, sauf que cette opération sera soumise au « préalable » à l’accord médical de la Sécurité sociale.
Si les officines s’accordent à dire que les pharmaciens peuvent servir sans ordonnance, pour les traitements habituels menacés d’interruption de traitement préjudiciable à la santé des patients, ils sont toutefois nombreux à s’indigner de « la fermeture » des cabinets médicaux qui encouragent les malades au recours à l’automédication pour ensuite reprocher cela aux officines.
« L’automédication n’est pas sans danger, les médicaments accessibles sans prescription médicale, et beaucoup considèrent qu’il n’est pas utile de consulter », rappelle un des pharmaciens qui refusent que la corporation soit un bouc émissaire des pratiques des médecins libéraux.
Le président du Snapo rappelle que les mesures de fermeture prévues par le décret exécutif, du 21 mars excluent les établissements de santé privés, y compris des cabinets médicaux, les laboratoires d’analyses, et centres d’imageries, tenues de maintenir leurs activités.
Dans un communiqué signé par le président de l’Ordre des médecins Berkani Bekat, ce dernier justifie la fermeture des cabinets médicaux par le manque de moyens nécessaires de protection, informant également
« qu’aucune législation » ne les oblige à travailler tout le temps.
Ce qui a conduit les patients à prendre d’assaut les polycliniques et hôpitaux qui continuent d’assurer leur travail et de prodiguer des soins à ceux qui s’y rendent.
La suspension de l’activité des cabinets privés reste énigmatique et appelle à une intervention urgente des autorités d’autant plus que le contexte exige l’apport de tout le personnel médical, public et privé, pour que le pays puisse surmonter cette crise.