PAR NAZIM BRAHIMI
Les partis politiques de l’opposition démocratique ont exprimé leur désapprobation quant aux atteintes aux libertés, enregistrées ces dernières semaines notamment à travers la procédure administrative engagée mercredi par le ministère de l’Intérieur contre le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ).
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a pointé dans ce sens un «environnement dominé par les atteintes multiples et récurrentes aux libertés, une répression tous azimuts contre des Algériens pour installer la peur et semer la terreur».
Pour le RCD, il y a «une accélération vertigineuse et dangereuse du déploiement de l’arsenal répressif du pouvoir», ajoutant que «tout porte à croire que cette escalade qui cible toutes les composantes et espaces du segment démocratique de la société est l’œuvre de la mise à exécution d’un plan qui va au-delà de la tenue (ou non) des pseudos élections législatives».
Le parti de Mohcine Belabbas estime, dans ce sens, que «désormais, la criminalisation de l’action politique contre le camp démocratique est assumée», relevant que «partis, militants, organisations civiles autonomes, activistes du Hirak, avocats, étudiants et journalistes n’ont qu’à se terrer pour espérer échapper aux foudres d’un appareil de répression remis au goût des dictatures des années 60 et 70».
Pour sa part, le Front des forces socialistes (FFS) a indiqué ce week-end suivre «avec inquiétude les évolutions qui marquent la scène politique nationale caractérisée par les atteintes aux libertés», demandant «au pouvoir de cesser sa tentative de confisquer la vie politique, syndicale et associative car elle ne ferait que creuser davantage le fossé entre le peuple et les institutions et encouragerait la logique de collision». Réitérant «sa solidarité avec les détenus d’opinion et toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, victimes de harcèlements», le FFS estime que «le pluralisme – sur les plans politique, syndical et associatif – est un droit arraché de haute lutte grâce aux combats des Algériens».
Le FFS se dit «convaincu que le choix de la stratégie du tout-sécuritaire n’est pas judicieux et considère que les solutions de ravalement ne pourraient aucunement rétablir les liens de confiance entre le peuple et ses institutions».
De son côté, le Parti des travailleurs (PT) a déclaré, en réaction à la procédure engagée par l’Intérieur contre RAJ que c’est «la première fois que l’administration s’immisce directement dans le contenu du programme d’action d’une association», faisant remarquer que «cette action judiciaire intervient après celles qui ciblent les partis politiques UCP et PST». Cela constitue «une terrible régression sur le terrain des droits à la libre organisation et à l’exercice des libertés démocratiques», dénonce le PT. Pour rappel, RAJ a indiqué, mercredi en fin de journée, avoir reçu par le biais d’un huissier de justice une citation à comparaître devant le tribunal administratif d’Alger, suite à une requête déposée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales sollicitant la dissolution de l’association RAJ sous prétexte que les activités de l’association sont en violation de la loi 12/06 régissant les associations et en contradiction avec les objectifs énumérés dans les statuts de l’association». RAJ informe aussi que «le camarade Abdelouhab Fersaoui, président du RAJ, a reçu une convocation de la police pour se présenter dans les plus brefs délais au commissariat central de Béjaïa». Il annonce dans le même document la constitution d’un collectif d’avocats pour répondre à la requête déposée par le ministère de l’Intérieur et tiendra informée l’opinion publique de l’évolution de la procédure administrative et de la convocation.