Lors de la dernière marche des étudiants, qui a eu lieu mardi, ces derniers ont été victimes de répression de la part des forces de l’ordre qui n’ont pas hésité à interpeller près d’une vingtaine d’entre eux. Retenus durant toute la journée au commissariat, les jeunes étudiants ont été, au soulagement, tous libérés dans la soirée. Néanmoins, cette énième atteinte à la liberté d’expression n’a pas manqué de soulever la colère de la société civile face au caractère pacifique de la protestation. Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, ce n’est rien d’autre qu’une « atteinte à la liberté de manifestation d’autant plus qu’il s’agit d’un mouvement pacifique », en dénonçant toutes les formes de répressions exercées actuellement par le pouvoir, non seulement à l’encontre des étudiants mais aussi des militants et des citoyens. « Aujourd’hui, il y a eu des interpellations d’étudiants, d’autres ont été littéralement malmenés, voire blessés. Nous assistons même à des poursuites contre des militants… Nous avons des cas de militants qui sont traînés devant les tribunaux. Nous ne comprenons pas les dispositifs (sécuritaires) déployés et surtout les interdictions de circulation des Algériens. Ces dispositifs sont injustifiés et le recours à la violence l’est d’autant. Dans notre jargon, on utilise le mot disproportionné, sachant qu’il n’y a pas de danger d’atteinte à l’ordre public ou de destruction d’édifices publics. Bien au contraire, ce sont les étudiants qui protègent les édifices et les espaces publics depuis le début du Hirak. Nous l’avons vu à plusieurs occasions. Pour nous, l’usage de la violence ne démontre qu’une seule chose : la mauvaise volonté du système d’aller vers une solution politique », a-t-il conclu. Un avis partagé par le président de l’association RAJ, Abdelouahab Fersaoui, qui a aussi fortement dénoncé le recours à la répression de la part des autorités. « Le pouvoir est en train de sortir ses griffes pour intimider les manifestants, en espérant l’essoufflement du Hirak, mais cela ne sera pas le cas. L’arrestation des étudiants pacifiques est une atteinte aux droits de la liberté d’expression et liberté de manifester, d’autant plus que ces jeunes n’ont jamais porté atteinte à l’ordre public», a-t-il indiqué, en appelant les étudiants, qui sont le moteur du mouvement populaire, à rester mobilisés.