Arezki Mellal, graphiste, maquettiste, éditeur de livres d’art, scénariste de BD, romancier et dramaturge, a animé, samedi dernier, à l’occasion d’une journée portes ouvertes au Centre d’études diocésain, à Alger, une conférence intitulée « comment écrire pour le cinéma et le théâtre». Il souligne dans cet entretien sa vision de l’écriture cinématographique et théâtrale, ainsi que l’évaluation de cette écriture en Algérie. Plusieurs fois primés, la majorité des œuvres d’Arezki Mellal sont dédiées au théâtre. Il est également l’auteur du roman «Maintenant, ils peuvent venir », édité en Algérie et en France.  

 Reporters : Vous venez de donner une conférence, « comment écrire pour le cinéma et le théâtre », où vous avez orienté les prochains auteurs sur les techniques et les outils que peut utiliser un dramaturge. A votre avis, qui peut écrire pour le cinéma et le théâtre ? Est-ce réservé aux dramaturges ?
 Arezki Mellal : Pour écrire pour le cinéma ou le théâtre, il faut avoir un minimum de formation. Car, l’écriture cinématographique et théâtrale a ses propres règles, et il faut les connaître avant toute tentative d’écriture. Nous rencontrons, parfois, des auteurs qui essaient d’écrire pour le cinéma et le théâtre. Mais pour moi, connaître les règles est « nécessaire ». 

Comment évaluez-vous l’écriture cinématographique et théâtrale en Algérie ? Pouvons-nous dire qu’il y a une production ?
 Nous ne pouvons pas évaluer l’écriture parce que nous ne pouvons pas la voir. Dans l’écriture cinématographique et théâtrale, nous voyons le résultat de cette dernière dans le spectacle. Et celui-ci est différent de ce qui est écrit. Car, il passe par un état de choses… là, l’écrit est invisible. Faute de moyens, il n’y en a pas assez de production cinématographique et théâtrale. L’Etat ne fait pas beaucoup d’efforts pour promouvoir ces arts. Le cinéma et le théâtre sont des secteurs très marqués par l’argent. Malheureusement, s’il n’y pas intervention de l’Etat dans la production, il n’y a pas de production. Dans ce sens, je dirai que c’est le cas de plusieurs pays dans le monde. Ce n’est pas uniquement un cas spécifique à l’Algérie. Même en Europe, l’Etat intervient pour l’aide à l’écriture, aux formations des dramaturges, etc. 

D’une manière générale, l’écriture cinématographique et théâtrale en Algérie est influencée par quel modèle ?
 Nous sommes sûrement influencés par le modèle européen, le français surtout. Par rapport aux influences du Moyen-Orient, je peux dire que nous sommes surtout influencés par le modèle égyptien. Dans le théâtre, nous avons quand même notre propre Ecole. Elle a démarré avec ce qu’on a appris du théâtre de Molière et qui est devenue par la suite, une Ecole algérienne. Nous avions des personnalités du quatrième art algérien qui ont réussi à développer un véritable théâtre algérien. A l’instar d’Abdelkader Alloula, qui a réussi à créer son propre style théâtral qui est typiquement algérien. 

« Ecrire pour le cinéma et le théâtre » est-il considérer comme un métier ?
 Bien sûr, c’est un métier à part entière.
 
Quels sont les problèmes et les difficultés que rencontre le dramaturge aujourd’hui ?
 Ecrire pour le cinéma et le théâtre est lié à la production. Le dramaturge a besoin de voir ses œuvres sur le terrain.

Si le dramaturge écrit pour un éditeur cela peut marcher. Mais s’il n’arrive pas à produire son texte, c’est là où réside le problème… 
Y-a-t-il des thèmes plus favorisés que d’autres dans l’écriture cinématographique et théâtrale ? Et comment choisir un sujet qui passionne les téléspectateurs ?
 Cela dépend de la conviction de l’auteur lui-même. Rien n’est fixé à la base. Tout est à la sensibilité de l’auteur…