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Le P-DG de l’entreprise Isser, spécialisée dans la biscuiterie, estime que la poudre de caroube est un bon substitut au cacao mais pas à 100%. Il y a, selon lui, l’aspect sensoriel à prendre en considération. Même si la poudre de caroube se rapproche du cacao en goût, elle ne peut remplacer celui du chocolat.

Reporters : Remplacer le cacao par la poudre de caroube dans tous vos produits est-il envisageable ?
Arezki Issiakham : Nous avons déjà introduit la poudre de caroube dans nos produits, comme substitut au cacao. Mais nous ne le faisons pas à 100% car il y a l’aspect sensoriel à prendre en considération. Le goût du chocolat reste particulier. Nous pouvons, cela dit, utiliser le cacao à 50% et la poudre de caroube à 50%, pour ne pas fausser le goût. Nous constatons une montée fulgurante de cette matière première sur le marché mondial en raison de ses multiples vertus, non seulement dans l’agroalimentaire mais dans la santé et l’industrie pharmaceutique également. Et il est vrai que cette poudre peut réduire considérablement le volume des importations du cacao. La consommation nationale du cacao se situe entre 10 000 et 12 000 tonnes/an, à 2 500 dollars/tonne. Nous avons pensé, en fait, à lancer un projet de création d’une usine de raffinerie de cacao en Algérie pour la production de 80 000 à 100 000 tonnes/an. Nous étions prêts à investir entre 6 à 8 millions de dollars pour la concrétisation de ce projet et nous aurions pu répondre aux besoins nationaux et exporter. Mais nous avons rencontré un problème de taille. La fève de cacao que nous devions importer est inaccessible. C’est un secteur très difficile et fermé. Nous avions dû abandonner ce projet.

Vous avez lancé un appel à l’entreprise Boublenza pour la fabrication locale de ses stabilisants, utilisés dans la production des glaces industrielles…
En effet. Les stabilisants, une poudre fabriquée à 60% à base de farine de graines de caroube, sont utilisés dans la production des glaces industrielles. Nous utilisons entre trois et cinq tonnes de stabilisants par an, que nous importons massivement. Si cette entreprise les fabrique localement, cela nous permettra de stopper carrément l’importation de ces stabilisants.