La solution pour parer aux effets des inondations se trouve dans une réelle prise en charge multisectorielle que le gouvernement s’est engagé à trouver d’une manière pérenne à travers une «stratégie efficace», a déclaré, hier, le ministre des Ressources en eau Arezki Berraki, sur les ondes de la Radio nationale. Il précise, concernant cette prise en charge multisectorielle des effets des inondations, que l’Office national d’assainissement (ONA) sous tutelle du ministère des Ressources en eau, travaille en étroite collaboration avec le ministère des Travaux publics concernant les inondations des routes. L’ONA collabore aussi avec les autorités des collectivisées locales concernant les inondations dans le zone urbaine et l’entretien des avaloirs. Le ministre a affirmé qu’il «s’agit aussi de travailler en amont pour prévenir les inondations avant que les eaux ne dévastent les villes et mener des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens pour prévenir des comportements qui contribuent à aggraver les effets des inondations».
En réaction à la violence des pluies torrentielles qui ont touché plusieurs wilayas, le ministre des Ressources en eau. Arezki Berraki souligne que «les pluies diluviennes que connaît actuellement l’Algérie font partie de l’activité saisonnière, mais ces pluies sont devenues plus violentes en conséquence directe du changement climatique qui affecte actuellement plusieurs zones géographiques du bassin méditerranéen».
Arezki Berraki précise que «la quantité de pluie qui est tombée en trois heures dans la capitale équivaut celle qui tombe durant un mois entier». Il ajoute sur l’intensité de cette pluviométrie qu’«hier, à Khenchela, environ 20 millimètres ont été enregistrés en 15 secondes, tandis qu’à Constantine il a été enregistré 35 millimètres en moins de 20 secondes». Soulignant dans ce sillage que face à une pluviométrie torrentielle, les avaloirs, quelle que soit leur capacité, sont incapables d’absorber ces quantités importantes d’eau d’où le fait que nous assistons à ces crues temporaires». Il estime que face aux données météorologiques, «il s’agit aujourd’hui d’être conscient que suite au changement climatique, ce genre de phénomène météorologique de pluies diluviennes risque de se multiplier et, par conséquent, les citoyens devront s’habituer à cela avec de la résilience». Toutefois, le ministre des Ressources en eau apporte une note optimiste en assurant qu’«afin de faire face à une telle situation météorologique, le ministère est en train de compléter une stratégie spéciale pour intervenir dans les 700 zones répertoriées en Algérie, susceptibles de subir des inondations pendant la saison des pluies».

Coupure d’eau réglée définitivement en 2021
Par ailleurs, à propos de la question de l’interruption de l’approvisionnement en eau potable à la veille de l’Aïd El-Adha, qui a été observée dans plusieurs villes d’Algérie, le ministre a indiqué que l’enquête se poursuit toujours au niveau des services de sécurité et que les résultats seront annoncés prochainement. Il déclare à ce sujet qu’«un mécanisme interne d’évaluation administrative a été effectué concernant les performances des responsables du secteur. Ce qui a conduit à dénoncer certaines pratiques, notamment la mauvaise gestion des programmes de développement et la mauvaise gestion de biens publics, ce qui a abouti à des décisions de mise de fin de fonctions à l’encontre de certains responsables».
Il a ajouté que d’ici la fin du premier trimestre 2021, il sera mis définitivement à la problématique des coupures d’eau au niveau de tout le territoire national et même dans les zones d’ombres. Il rappelle que dès le mois de février passé, son secteur avait répertorié 661 communes souffrant du manque d’approvisionnement quotidien en eau potable. Pour ce faire, 711 projets avaient été lancés au niveau local et 10 grands projets au niveau du ministère. Ces projets qui devraient être finalisés à la fin de cette année ont été ralentis à cause du contexte de la crise sanitaire. Mais «ils ont récemment repris et les travaux sont avancés à un taux de 70%, selon le ministre qui affirme que d’ici la fin du premier trimestre 2021 toutes ces communes seront alimentées en eau potable quotidiennement».
Le ministre des Ressources en eau Arezki Berraki a également annoncé que le projet de la nouvelle loi relative à l’eau sera bientôt soumis au gouvernement dans les prochains jours. La nouvelle loi aborde plusieurs problématiques dont la définition de la relation avec les collectivités locales en matière de gestion du service public des eaux et de l’assainissement. Il s’agit aussi de la définition des missions de contrôle et de régulation de l’Etat dans le domaine des ressources en eau. Ainsi que l’implication de la société civile en tant que partenaire dans les prises de décisions concernant le secteur. n