Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, a confirmé que le projet de loi de finances complémentaire allait être examiné ultérieurement par le Conseil des ministres. Dans une à deux semaines. Le Conseil des ministres prévu à cet effet a donc été ajourné pour introduire les correctifs et les arbitrages qui s’imposent, pour réduire la pression fiscale.

La tendance restrictive qui se profilait dans le texte initial ne cadrait pas avec une situation globale moins compliquée que prévue. La pression fiscale, conséquence des hausses des taux d’impositions et de nouvelles taxes prévues dans l’avant-projet initial, imposée aux citoyens et aux entreprises semblait malvenue alors que la situation économique est moins tendue et les perspectives moins sombres. Une hausse de l’imposition qui pourrait s’avérer particulièrement lourde pour les contribuables. A titre d’exemple, le projet initial prévoyait un droit additionnel provisoire sur les marchandises importées pour la revente en l’état, fixé entre 60 et 200%. Il était question également d’imposer des augmentations substantielles des taxes sur l’importation des pièces détachées allant de 200 à 500%. Une batterie de mesures étouffantes donc impopulaires. Destinées à faire face au déséquilibre de la balance des paiements, ces mesures drastiques auraient mis le pays sous pression. Le caractère excessif, voire brutal de ces mesures annoncées, qui arrivent dans une conjoncture sociale tendue n’a pas été apprécié. Le chef de l’Etat aurait demandé au Premier ministre de revoir sa copie. Le choix est de rester dans le cadre strict d’une LFC destinée à apporter des correctifs pour les secteurs qui en ont exprimé le besoin. Sans charger davantage des secteurs déjà aux limites de leurs capacités d’absorption. Avec la légère amélioration de la situation et la tendance vers le renchérissement du prix du pétrole, il est devenu hasardeux d’aller vers plus de charges, et de chercher à rééquilibrer la balance des paiements en mettant sous pression le pouvoir d’achat des Algériens.