L’Arabie saoudite pourrait atteindre la neutralité carbone avant 2060, objectif annoncé la semaine dernière par Ryad, a déclaré mercredi le ministre saoudien de l’Energie, à quelques jours de l’ouverture de la conférence internationale sur le climat (COP26) en Ecosse. Le royaume saoudien, l’un des plus grands pollueurs au monde et premier exportateur de pétrole brut, compte sur l’accélération des progrès technologiques pour mettre en place une «économie circulaire du carbone», a indiqué Abdelaziz ben Salmane lors du forum «Initiative pour un investissement futur» à Ryad.
Selon les Nations unies, l’économie circulaire «consiste à éviter la consommation excessive, les déchets et l’utilisation de combustibles fossiles», comme le pétrole, en «louant, réutilisant, réparant et recyclant les matériaux et produits existants». «L’économie circulaire du carbone dépend avant tout de l’évolution de la technologie. Si elle évolue encore plus rapidement, nous n’aurons peut-être pas à attendre jusqu’à 2060», a expliqué le ministre.
Si M. Salmane a qualifié le changement climatique de «plus grand défi» auquel le monde devait faire face, il a réfuté l’idée d’une baisse de la demande de pétrole. «Je continue à maintenir que cela n’arrivera pas», a-t-il dit. Samedi, l’Arabie saoudite a annoncé viser d’ici 2060 la neutralité carbone, qui consiste pour un pays à ne pas émettre plus de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, qu’il ne peut en absorber via par exemple des plantations d’arbres ou des technologies de capture de CO2 directement dans l’atmosphère.
Lundi, Ryad a promis d’investir plus d’un milliard de dollars en faveur d’initiatives environnementales. Ces annonces avaient laissé perplexes des experts, l’Arabie saoudite n’ayant pas l’intention de cesser ses exportations de pétrole. Mi-octobre, le géant pétrolier saoudien Aramco avait affirmé vouloir accroître sa capacité de production quotidienne de douze à treize millions de barils d’ici 2027. Selon les Nations unies, plus de 130 pays se sont fixés ou envisagent de se fixer pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre à un niveau net de zéro d’ici à 2050, un objectif que l’ONU juge «impératif» pour préserver un climat vivable. n