Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde l’Arabie saoudite contre l’augmentation des dépenses publiques dans le sillage de la hausse des prix du pétrole et a exhorté le premier exportateur mondial de brut à contenir sa masse salariale.

Dans un rapport publié vendredi, le FMI a souligné qu’une augmentation des dépenses ne ferait qu’exposer le budget saoudien à une baisse inattendue des prix du pétrole. Il souligne «l’importance de veiller à ce que les dépenses restent à un niveau adapté aux différentes évolutions des prix du pétrole» et d’éviter une politique budgétaire qui créerait une volatilité excessive de l’activité économique. Les prix du pétrole ont fortement rebondi après la décision des principaux producteurs de réduire leur production à la fin de 2016. Les producteurs ont décidé en juin dernier d’augmenter leur production. Les revenus saoudiens ont bondi de 67% au deuxième trimestre 2018, en raison d’une forte hausse des revenus pétroliers. Mais les dépenses publiques ont augmenté de 34% au deuxième trimestre, selon les chiffres du gouvernement. Le FMI a également exhorté le royaume à contenir la masse salariale du secteur public «étant donné qu’elle représente environ la moitié des dépenses publiques», et suggéré une réduction progressive de la main-d’oeuvre. Les autorités saoudiennes ont indiqué au FMI travailler à réformer la fonction publique avec l’aide de la Banque mondiale. Le principal défi pour Ryad est de créer environ 500.000 emplois pour les nationaux au cours des cinq prochaines années, le taux de chômage de la main-d’oeuvre nationale demeurant élevé à 12,8%, a indiqué le FMI. Et si la participation des femmes au marché du travail augmentait
d’1% par an jusqu’à 2023, il faudrait créer 1,4 million d’emplois au cours des prochaines cinq années, selon le rapport. Le taux de chômage des Saoudiennes est de 31%. Le FMI a salué les résultats du programme de réformes, qui prévoyait la réduction des subventions, la hausse des prix du carburant et de l’électricité et l’imposition de taxes. Il a conseillé d’approfondir les réformes et d’en utiliser les gains de manière à augmenter la résilience aux chocs pétroliers. «La hausse des prix du pétrole ne doit pas ralentir l’élan des réformes», a déclaré le FMI, soulignant que «l’engagement continu à mettre en oeuvre des réformes de grande envergure contribuerait à atteindre les objectifs budgétaires et à favoriser la croissance non pétrolière». Le mois dernier, le FMI a relevé la prévision de croissance saoudienne à 1,9% pour cette année et l’année prochaine. L’économie saoudienne s’est contractée de 0,9 % l’an dernier pour la première fois depuis 2009 en raison de l’effondrement des prix du pétrole. Le déficit budgétaire devrait continuer à se réduire, passant de 9,3% du PIB l’an dernier à 4,6% en 2018 et à 1,7% l’an prochain, selon le FMI. Ryad a affiché un déficit budgétaire durant les quatre dernières années totalisant 260 milliards de dollars.