Les élus de l’Assemblée populaire de wilaya de Constantine ont, à l’occasion de la deuxième session ordinaire tenue la semaine écoulée, fait un constat sans concession sur la situation catastrophique qui caractérise les cantines scolaires. « Depuis leur gestion par les APC, les cantines sont devenues des instruments pour affamer les élèves et non les nourrir.»

Cette accusation lancée par un élu n’a pas été le fruit d’une banale constatation, mais suite à des témoignages, de visites inopinées nombreuses, une étude « scientifique » a permis de dégager ce terrible acte, étude menée par la commission de l’éducation et de l’enseignement de l’auguste assemblée. Outre la piètre qualité de la nouriture, repas froid dans la plupart des cas, la commission a relevé aussi que la cantine n’existe pratiquement pas dans presque toutes les écoles. Pour manger, les élèves ont le choix de retourner dans les classes, la cour ou carrément à l’extérieur de l’enceinte de l’école où, très souvent, on voit des élèves un morceau de pain dans une main, une portion de fromage et un yaourt, dans l’autre. Les camions et les ustensiles qui servent à transporter la pitance de nos têtes brunes arborent une saleté et une déchéance à couper l’appétit pour le plus coriace des bambins.
Nous avons aussi pu savoir aussi que les « cuisiniers» ne sont en fait que des garçons et des filles qui n’ont fréquenté aucune école de gastronomie. Leur seul diplôme reste le contrat de trois mois, renouvelable, parfois, avec un salaire qui ne permettrait pas de déguster une vingtaine de brochettes. Pour rester dans la bouffe…
Ces contrats éphémères et rétributions humiliantes pour leurs bénéficiaires sont souvent rompus au bout d’un trimestre, par une ou l’autre partie. La conséquence directe est que les élèves de plusieurs établissements continueront l’année en se nourrissant d’un hypothétique repas froid.
Le constat terrible ne s’arrête pas à ce niveau, puisque sur les 342 cantines que compte la wilaya de Constantine, 185 n’ont que des repas froids à offrir aux élèves, sauf pour les communes de Boudjeriou et Ibn Ziad, sans doute grâce au nombre très restreint des élèves.
Pour les cuisines, celle de Sidi Mabrouk, qui ne peut hélas qu’approvisionner une douzaine d’écoles, la qualité de ses repas a été jugé satisfaisante, mais les lieux commencent à devenir « obsolètes » du fait d’une toiture défaillante et d’une réfrigération approximative des denrées périssables.
La situation sanitaire a aussi été pointée du doigt, sachant que plusieurs sanitaires au niveau de nombre d’écoles ne disposent pas de VRD à la norme, et que l’eau servie aux élèves provient le plus souvent de réservoirs d’une contenance non potable.
Le wali, qui a assisté aux travaux, n’a pas été apparemment surpris par ce tableau sombre de la restauration des écoliers. Il a néanmoins instruit les présidents d’APC à confectionner une autre fiche technique pour leurs besoins, en leur annonçant que la tirelire consacrée aux cantines scolaires a augmenté, et qu’ils leur appartiendraient de gérer toute cette nouvelle manne d’une manière intelligente et ce, dès la prochaine rentrée scolaire.