Le torchon brûle entre les élus APW du FFS et ceux du RCD de la même institution. Dans une réponse à la déclaration de ces derniers, qui se sont distingués avant-hier par une action concertée avec un groupe d’élus frondeurs du FFS, pour bloquer la session de l’APW qui a fini par être reportée faute de quorum (Lire en page 8), le FFS répond en des termes qui rappellent les clivages du passé entre ces deux partis.
La polémique étonne et invite aux questionnements sur les motivations de cette brusque montée de tension, alors que les directions respectives du FFS et du RCD font cause commune pour élaborer un plan de sortie de crise dans le cadre du groupe des partis de l’alternative démocratique. «Depuis l’installation de notre assemblée, les élus du RCD tentent désespérément de bloquer le fonctionnement de l’APW de Tizi Ouzou, en s’opposant à tous les projets de développement et en votant contre toutes les subventions qu’accorde l’APW au mouvement associatif, aux comités de village et les aides octroyées aux communes. Cette démarche a atteint son paroxysme lorsque les élus de cette formation politique ont exigé le transfert de l’élaboration et de la répartition du budget de la wilaya à l’administration alors qu’il s’agit d’un acquis aux mains des élus, arraché grâce à de hautes luttes contre le pouvoir qui a tout fait pour déposséder les assemblées élues de leurs prérogatives. Nous tenons à attirer l’attention de nos concitoyens que depuis l’installation de notre assemblée, les élus du RCD n’ont pas voté les programmes et les opérations ayant un impact direct sur le développement économique et social de notre wilaya», explique le FFS. Rappelant «les programmes et les opérations que les élus du RCD n’ont pas votées», le FFS réplique ainsi au RCD, dont la déclaration est qualifiée de «mensongère et d’insultante à l’égard de l’Assemblée et de son président». Au-delà des indications fournies pour éclairer l’opinion et visant, en même temps, à disqualifier la démarche et les «véritables motivations» qui ont poussé les élus de ce parti, fondé par Saïd Sadi, à bloquer la session d’avant-hier de l’APW, les élus du FFS ne lésinent pas sur les mots pour porter l’estocade à leur rival.
La charge truffée d’allusions ne manque pas de piquant ; elle peut même renseigner sur les enjeux et les antagonismes impliquant les deux partis. Dans le style de la réponse du berger à la bergère, le FFS use du terme en vogue de «3issaba» pour répliquer au RCD qui, lui aussi, s’en est servi pour reprocher au plus vieux parti de l’opposition démocratique de s’allier avec «les partis de la 3issaba», à savoir le FLN et le RND pour constituer la majorité de l’assemblée. «Il est clair que ceux qui ont servi de lit à la dictature depuis les années 90 ne sauraient être au service du peuple aujourd’hui. El Issaba c’est ceux qui ont été au service des «janviéristes», participé au gouvernement de Bouteflika et cautionné tous les coups de force contre la volonté populaire et qui tentent aujourd’hui de s’improviser en opposition radicale pour une recomposition clanique au sein du système», clament les représentants à l’APW du parti fondé par Hocine Aït Ahmed, qui évoquent «certains élus qui se disent du FFS et qui se sont alliés au RCD, pour bloquer la session de l’APW». Des élus qui se sont illustrés par des critiques acerbes contre le P/APAW et ses partisans sur les réseaux sociaux. Et la formule utilisée pour les désigner, même lapidaire, n’est pas sans rappeler la guerre de factions au sein du FFS qui se disputent le contrôle du parti.