Entamée sur les chapeaux de roue avec la série de consultations menées par le président Tebboune avec des partis politiques et son audience avec le comité Laraba, la semaine politique qui s’achève peut être porteuse de nouveautés probablement en lien avec l’avenir plus que jamais incertain du gouvernement Djerad et de l’Assemblée populaire nationale (APN), dont on annonce une fin de mandature anticipée dans les prochaines heures.

Les regards restent ainsi tournés sur ce que pourrait annoncer dans ce registre le premier magistrat du pays à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du chahid coïncidant avec le 18 février de chaque année.
Mais, en attendant les annonces de Tebboune, force est de constater que la série de consultations qu’il a lancée continue de faire agiter les partis politiques, notamment en ce qui concerne l’avenir du gouvernement et les échéances électorales désormais à l’ordre du jour une fois entérinée la dissolution de l’Assemblée. Le parti du Front El Moustaqbal (FM) a soutenu, au sortir de son entrevue avec le chef de l’Etat, avoir compris que la dissolution de l’APN «allait être annoncé le 18 février (aujourd’hui NDLR)», un scénario qui est conforté «par les échos obtenus par nos députés», selon un membre de la direction du parti d’Abdelaziz Bélaïd.
Faisant face à une levée de boucliers et des critiques acerbes depuis sa rencontre avec Tebboune, le Front des forces socialistes (FFS) continue de son côté à défendre sa démarche en mettant en évidence «le sens des responsabilité et le patriotisme du parti».
«Nous disons que la mobilisation doit se poursuivre et la pression doit être maintenue sur le pouvoir pour qu’il cède et consente à l’impératif de s’asseoir autour de la table des négociations et de dialogue», a affirmé mardi soir Youcef Aouchiche sur un plateau télé, ajoutant que «l’occasion n’était pas uniquement pour évoquer avec le président la nécessité de libérer les détenus comme préalable à tout processus électoral», mais surtout de dire notre attachement à «un changement de régime».
Le FFS se défend à nouveau
Epinglant ceux qu’il désigne par «les autoproclamés dépositaires de la mémoire algérienne qui travaillent pour des agendas occultes», M. Aouchiche dira que le FFS est plutôt partisan d’un «processus de recherche de solutions politiques négociées, graduelles et consensuelles».
M. Aouchiche a ajouté que «le FFS ne négocie pas des quotas ou des strapontins», mettant en avant le dialogue comme «vertu civilisationnelle universelle», réitérant avoir «discuté avec Tebboune de façon très responsable en lui disant des vérités» sur la situation du pays…
De son côté, le Front pour la Justice et le développement (FJD) du chef islamiste Abdallah Djaballah a fait part de sa préférence pour un scénario d’élections législatives anticipées avec le maintien de l’actuel APN jusqu’à juin.
Le député Lakhdar Benkhelaf, qui s’est exprimé au nom du parti, dit regretter le recours à l’ordonnance présidentielle dans le cas de la dissolution de la chambre basse du Parlement alertant sur ce que peut générer ce scénario qui «entacherait la pérennité des institutions et de la législature». M. Benkhelaf a plaidé, par la même occasion, pour des législatives anticipées au mois de juin et des élections locales en automne prochain.
La grande gêne semble cependant s’emparer des traditionnels partis de l’ancienne majorité qui ne savent plus sur quel pied politique danser, notamment depuis qu’ils ne bénéficient pas des faveurs d’El Mouradia.
Un changement constaté à travers les consultations politiques que mène le président et dans lesquelles, on ne retrouve plus (pas encore) le quatuor FLN-RND-TAJ-MPA et d’autres formations moins présentes sur la scène. A moins que les consultations soient appelées à s’accélérer davantage dans les prochains jours avec l’association de l’ensemble des courants politiques y compris ceux décriés par la rue pour avoir accompagné et cautionné les années du règne chaotique de Bouteflika. n