La crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 a donné bien des enseignements qui ne sont pas des moindres en matière de gestion sur les plans humain et matériel.

PAR INES DALI
En somme, il s’agit de maitriser ces éléments afin d’assurer la sécurité sanitaire dans un contexte où la réforme du système de santé se fait de plus en plus pressante, même si le pays a pu maitriser la crise pandémique, la situation épidémiologique étant restée stable avec des contaminations autour des 100 cas par jour et un nombre de décès très bas depuis plusieurs semaines.
«La crise sanitaire qu’a connue l’Algérie à l’instar des autres pays du monde entier était une occasion pour tirer des leçons, d’où la nécessité d’opérer des réformes profondes sur le système de santé en termes de réorganisation et de révision de la méthode de gestion, ainsi que de la qualification et de la formation de son capital humain», a déclaré le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, samedi, dans son allocution de clôture du forum «Industrie pharmaceutique, stratégie et défis».
Pour lui, la réforme du système de santé requiert «une approche globale et participative» dans laquelle vont contribuer toutes les composantes du secteur de la santé et l’ensemble des partenaires des secteurs public et privé. Cette réforme doit être basée sur «une coordination étroite et permanente entre le ministère de la Santé et celui de l’Industrie pharmaceutique», a indiqué le Premier ministre, notant que cette synergie constitue «une condition sine qua non pour l’édification d’un système de santé moderne, capable de répondre aux besoins incessants des citoyens en matière des services de santé avec la qualité requise».
Il a également mis en avant qu’en dépit de la crise sanitaire qui a «fortement impacté l’ensemble des secteurs économiques, le gouvernement a su gérer cette situation avec pragmatisme et une grande rationalité», avant de réitérer «la détermination du gouvernement à poursuivre sur cette voie jusqu’à la fin des répercussions négatives de cette crise sanitaire». Nul besoin de rappeler, dans ce sens, que l’économie et le commerce du pays étaient pratiquement en berne pendant plusieurs mois afin d’épargner les vies humaines. A ce propos, M. Djerad est revenu sur les mesures organisationnelles et procédurales mises en place par le gouvernement qui, a-t-il dit, a «fourni tous les moyens pour sauvegarder l’économie nationale, et ce, en un temps record et en dépit des difficultés auxquelles a été confronté le pays». Il étayera ses déclarations en évoquant la situation épidémiologique, estimant que le recul du nombre de contaminations au Covid-19 et la qualité de prise en charge des patients sont «une preuve tangible de l’efficacité de l’approche adoptée par le gouvernement sous la direction et les directives du président de la République». Ce qui n’a pas été chose aisée avec le confinement et ses répercussions socioéconomiques, mais ce sont «ces mesures exceptionnelles qui ont permis de sauver de nombreuses vies, tout comme elles ont permis au secteur de la santé de réagir et de résister à ce choc sévère».
Le choc dû à la pandémie a eu des répercussions également au niveau mondial, en ce sens où la fragilité du système de santé a été révélée dans de nombreux pays développés qui avaient, selon le Premier ministre, montré leurs limites à faire face à cette pandémie, ce qui les a conduit à «réviser les priorités et à sécuriser les produits vitaux devenus une partie intégrante des politiques globales de sécurité nationale». C’est ce qui se passe actuellement avec les vaccins et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même déclaré que les pays développés font dans le «nationalisme vaccinal», ajoutant que les vaccins sont concentrés «entre les mains de trop peu de personnes». Le Premier ministre a indiqué, dans ce sens, que «la crise a prouvé que les pays qui produisent leur médicament et leur nourriture ne resteront pas otages des pressions économiques qui restreignent leur souveraineté économique et même politique». D’où la production en Algérie des vaccins anti-Covid-19 est devenue non seulement une nécessité, mais il y va même de la souveraineté du pays. La production du vaccin russe Sputnik V est prévue à partir de septembre prochain sur le site de Saïdal à Constantine, rappelle-t-on. Mais cela reste insuffisant et il s’agit pour l’Algérie de développer toute son industrie pharmaceutique.

Pour une véritable industrie pharmaceutique
Le Premier ministre a ainsi assuré que le gouvernement est «déterminé à poursuivre les réformes initiées par l’Etat pour développer une véritable industrie pharmaceutique à même de diversifier l’économie nationale et de réduire sa charge sur la balance de paiements, d’une part, et de garantir la sécurité sanitaire à nos concitoyens, d’autre part», soulignant que l’industrie pharmaceutique est «un axe principal dans le programme du président de la République et dans le plan d’action du gouvernement». Il dira que la création du ministère de l’Industrie pharmaceutique est une autre preuve de la volonté de hisser le secteur de la santé en sus, entre autres, de la création de l’Agence nationale de sécurité sanitaire chargée d’établir un diagnostic minutieux de la situation du système de santé pour mettre en place des politiques publiques visant à parvenir à un système de santé moderne et développé dans toutes ses dimensions. M. Djerad a rappelé la démarche de la réforme adoptée par le président de la République, dès le début de son mandat présidentiel, une démarche qui, a-t-il dit, «émane de son attachement à garantir la sécurité sanitaire aux Algériens et à adapter le système de santé de manière à se mettre au diapason des défis aux plans national et international». La ressource humaine étant la première richesse d’un pays, des engagements ont été également faits dans ce sens. Le ministre de la Santé a donné des assurances, jeudi dernier, concernant les textes d’application pour la mise en œuvre de la loi sanitaire 18-11, et ce, suite à la grève d’une journée de trois syndicats du secteur public à l’occasion de la Journée mondiale de la santé. Des promesses ont également été faites concernant la satisfaction des revendications socioprofessionnelles des personnels du secteur sans lesquelles aucune réforme ne peut aboutir.