En détention depuis plus de quatre mois, le procès de Khaled Drareni devrait avoir lieu aujourd’hui au niveau du tribunal de Sidi M’hamed. Cette affaire est très attendue en raison de la mobilisation d’une partie de la corporation et de militants associatifs et politiques en faveur du journaliste, directeur du site Casbah Tribune, correspondant de TV5 Monde et de RSF en Algérie. Les charges retenues contre lui, «attroupement non armé» et «atteinte à l’intégrité nationale», ont également suscité une vive polémique.
Les péripéties de l’arrestation, puis la détention de Drareni indiquent qu’il a été arrêté, lui et deux autres activistes – Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche- le 7 mars lors d’une marche à Alger, et présentés le 10 du même mois devant le juge.
Le journaliste Drareni a été mis sous contrôle judiciaire et les deux militants placés en détention provisoire. Rebondissement en date du 28 mars, le contrôle judiciaire de Khaled Drareni a été annulé en appel pour le placer en détention provisoire. Alors que d’autres détenus comme Slimane Hamitouche et Samir Benlarbi ont bénéficié, jeudi 2 juillet, d’une remise en liberté provisoire, le journaliste a été gardé en prison, ce qui a suscité aussi bien l’étonnement et l’indignation des avocats que des confrères du journaliste.
La programmation officielle de son procès met ainsi fin à ce que des avocats du Collectif de défense des détenus d’opinion avaient qualifié de «discrimination» par rapport à d’autres activistes libérés alors qu’ils avaient été arrêtés dans les mêmes circonstances que Drareni et poursuivis pour des accusations identiques.
Le dossier de Drareni a connu par la suite du nouveau avec son envoi, le 6 juillet, à la chambre correctionnelle après la fin de l’instruction au niveau du Tribunal de Sidi M’hamed.
«Le juge d’instruction a terminé son travail et transféré le dossier au Parquet pour la programmation du procès», avait indiqué l’avocat Abdelghani Badi, expliquant que «l’inscription de l’affaire pour être jugée doit se faire dans un délai maximum de 20 jours à partir de la date du renvoi du dossier devant le tribunal correctionnel».
«Mais le procès peut être programmé avant, dans deux ou trois jours par exemple, voire demain. S’ils ont une bonne intention, ils programment le dossier rapidement (…). Le juge de siège peut prononcer une mise en liberté provisoire avec report du jugement comme cela a été fait pour Amira Bouraoui», avait soutenu l’avocat. «Mais c’est à voir le jour du jugement», tient-il à dire à propos des prochaines étapes possibles du procès.
Dans une récente déclaration, le Président Tebboune a indiqué qu’il était «possible de libérer d’autres personnes car l’Algérie va vers une période qui nécessite l’effort de tous les Algériennes et les Algériens», mettant l’accent sur «un climat plus apaisé qui permette d’aller vers les changements notamment la Constitution».
Il faut noter que des consœurs et confrères, des personnalités des arts et des lettres et des amis du journaliste Khaled Drareni ont annoncé, mercredi, la création d’un comité de soutien international. «Ce dernier s’est réuni pour la première fois le jeudi 23 juillet 2020, afin de déterminer les premières actions à mener», précisent les organisateurs de cette initiative.
Par ailleurs, et en plus du procès de Drareni, d’autres détenus comparaîtront aujourd’hui en appel, comme les deux activistes de Timimoun, Yasser Kadiri et Ahmed Sidi Moussa, placés sous mandat de dépôt le 5 mai puis condamnés le 23 juillet à six mois de prison ferme dont 3 mois avec sursis. <