Sévèrement impacté par l’épidémie de Coronavirus qui l’a fait chuter mardi au dessous des 50 dollars, soit son plus bas depuis janvier 2019, le baril de pétrole rebondissait, affichant des prix qui lui font gagner plusieurs dollars. Une relative remontée que le marché doit à l’Opep et ses partenaires réunis, mardi et hier, à Vienne, pour ajuster l’offre à une demande rendue plus faible par le recul de l’activité économique de la Chine, premier consommateur de pétrole au monde.
Hier, à l’approche de la fermeture du marché londonien, le baril de Brent de la mer du Nord est remonté jusqu’à 56,06 dollars, soit un gain de 3,89% par rapport au prix affiché lors de la clôture de mardi.
Dans la même tendance haussière, le West Texas Intermediate (WTI) gagnait 3,97% sur le New York Mercantile Exchange, à 51, 58 dollars.
« Les prix du pétrole sont en hausse mercredi car le marché s’attend à ce que l’Opep et ses alliés accentuent la réduction volontaire de leur production pour maintenir les prix », a commenté Al Stanton, de RBC.
La possible intervention de l’Organisation et de ses alliés « évite que les prix ne tombent encore plus bas », a ajouté Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.
Il faut rappeler que les deux indices de référence américain et européen ont en effet perdu plus de 15% depuis le début de l’année, et plus de 20% depuis un pic le 8 janvier.
En attendant une révision de la production de l’Opep, celle de Libye a connu une chute de plus de 80%, suite au blocage, depuis trois semaines, des plus importants champs et terminaux pétroliers du pays. , a annoncé hier la Compagnie nationale de pétrole. Laquelle chute s’est traduite par des pertes de 1 milliard de dollars, a précisé la même source du 18 janvier –date du blocage par des groupes alliés au maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, des principaux terminaux pétroliers de l’est de la Libye– jusqu’au 3 février, « la production est passé de plus de 1,2 million à 187.000 barils par jour », a indiqué la NOC sur son site. La suspension des exportations depuis les terminaux du « croissant pétrolier » –Brega, Ras Lanouf, al-Sedra, al-Hariga et Zouitina– a eu lieu à la veille d’un sommet international à Berlin le 19 janvier qui a appelé à la fin des ingérences extérieures et à la relance du processus de paix.
Cette suspension a entraîné « des pertes estimées à 931 millions de dollars», soit 845 millions d’euros, a déploré la NOC, qui a appelé à « mettre fin aux fermetures irresponsables en violation des lois » et à la reprise « immédiate » des opérations de production.
L’arrêt des exportations d’or noir, qui représentent quasiment l’unique source de revenus pour les Libyens, est décrite par les pro-Haftar comme une mesure de protestation contre l’intervention turque en soutien au Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU.
De son côté, le maréchal Haftar est soutenu notamment par la Russie, les Emirats arabes unis et l’Egypte, et mène depuis le 4 avril une offensive pour s’emparer de Tripoli.
La production avait déjà plongé à moins de 500.000 barils/jour entre 2014 et 2016 en raison des violences autour des sites pétroliers et d’une lutte d’influence entre des groupes rivaux souhaitant mettre la main sur la principale ressource du pays, en proie au chaos depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi.<