Les contaminations au nouveau coronavirus Covid-19 sont en train de remonter doucement mais sûrement. Après une pause durant laquelle les bilans quotidiens en Algérie s’étaient stabilisés en dessous de cinq cas quotidiens avec parfois zéro cas, la courbe épidémiologique a repris, quoique timidement, la trajectoire ascendante ces derniers jours.

En effet, même si les rendus des bilans de la Covid-19 démontrent une certaine stabilité, il n’en demeure pas moins qu’ils mettent en évidence une discrète reprise en se rapprochant de la vingtaine de contaminations par jour. «L’Algérie a enregistré 18 cas confirmés durant les dernières vingt-quatre heures», a annoncé le ministère de la Santé dans le bilan publié vendredi, précisant qu’il n’y a aucun décès ni malade en soins intensifs. A chaque fois que les cas remontent après une baisse substantielle, faisant croire à une disparition du virus, c’est parce qu’«il subsiste toujours un fond de contamination». C’est-à-dire qu’il reste toujours «des personnes contaminées qui passent la Covid-19 à d’autres personnes autour d’elles», selon les explications données dans de pareilles situations par le président de la Société algérienne d’infectiologie, le Dr Mohamed Yousfi. Le retour à la vie normale privilégie, par ailleurs, la propagation de la Covid-19 dans un environnement où les mesures de prévention ont complètement disparu. Plus personne ne porte de masque ni ne se rappelle même plus qu’il devrait y avoir la distanciation physique, à quelques très rares exceptions. Cette légère reprise des contaminations à la Covid-19 se voit ainsi, certainement, favorisée par les vacances de milliers si ce n’est de millions d’Algériens, sans oublier le faible taux de vaccination de la population. Même pour ceux qui sont vaccinés, il est utile de rappeler, selon les spécialistes, que la vaccination devient moins efficace et s’estompe au fil du temps. C’est pour cela qu’ils continuent de préconiser la poursuite de la vaccination pour certaines catégories de personnes, notamment les plus vulnérables telles que les personnes âgées, les malades chroniques ainsi que les femmes enceintes afin de leur éviter de développer les formes graves de la maladie. En attendant d’y voir plus clair, «l’éducation et l’enseignement supérieur» veulent d’ores et déjà «savoir» si à la rentrée sera «reconduit ou non le même système d’enseignement» qu’en temps de la Covid-19.
Pour l’heure, il y a le constat d’une légère hausse en Algérie, comme c’est d’ailleurs le cas dans de nombreuses contrées du monde, avec pas moins de 110 pays ayant été touchés par cette hausse, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Au niveau mondial, le nombre de cas hebdomadaires a augmenté pour la troisième semaine consécutive, après une tendance à la baisse depuis le dernier pic en mars 2022», a indiqué l’OMS dans son dernier rapport jeudi, ajoutant que les nouvelles contaminations ont augmenté de 18%. Les décès ont, eux aussi, augmenté, selon l’organisation onusienne qui fait état d’une hausse dans la moitié des six régions de l’OMS. Au cours de la semaine du 20 au 26 juin 2022, plus de 4,1 millions de nouveaux cas ont été signalés, soit une augmentation de 18% par rapport à la semaine précédente, et près de 8 800 personnes ont succombé au nouveau coronavirus, selon les chiffres de l’OMS, qui signale que le nombre de décès est resté le même que celui de la semaine d’avant. En Europe, l’Organisation déclare s’attendre à «des niveaux élevés» de la Covid-19 cet été, appelant à surveiller le virus de près après un triplement des cas quotidiens depuis un mois. «Comme les pays à travers l’Europe ont levé les mesures de prévention qui étaient en place, le virus va circuler à des niveaux élevés au cours de l’été», a affirmé le directeur pour l’Europe de l’organisation de l’ONU, Hans Kluge, cité par des médias. «Le virus ne va pas disparaître juste parce que des pays arrêtent de le surveiller. Il continue à contaminer, il continue à changer et il tue toujours», a-t-il souligné cité par l’AFP. Tiré par le sous-variant Omicron BA.5, le nombre de cas dans la cinquantaine de pays de la zone de l’OMS Europe s’est rapproché cette semaine des 500 000 cas par jour, alors qu’il était autour de 150 000 par jour fin mai, selon les données publiques de l’OMS. Après avoir avoisiné les 4 000 à 5 000 décès par jour pendant une bonne partie de l’hiver, le nombre de morts reste actuellement à un niveau bas d’environ 500, soit son niveau de l’été 2020, selon la même source. La quasi-totalité des pays européens affichent des cas en hausse, avec le Portugal, le Luxembourg, la France, la Grèce, Chypre, l’Allemagne et l’Autriche actuellement dans le peloton de tête de la plus forte incidence, est-il ajouté.
Pour l’OMS, ces récentes tendances doivent être interprétées avec prudence, d’autant que plusieurs pays ont progressivement modifié leurs stratégies de dépistage de la Covid-19. Ce qui a entraîné «une baisse du nombre total de tests effectués et, par conséquent, du nombre de cas détectés». Au total, 543,35 millions de cas de Covid-19 ont été confirmés dans le monde, dont 6 331 059 décès, tandis que 11 981 689 168 doses de vaccin ont été administrées dans le monde, selon un décompte établi par l’OMS le 27 juin 2022.