Un nouveau cas confirmé de coronavirus a été annoncé, hier, portant à vingt le nombre de personnes atteintes en Algérie. Il s’agit d’une femme qui venait de rentrer d’un voyage à l’étranger, selon le ministère de la Santé qui a lancé, dans ce sens, un appel aux Algériens à reporter tout voyage dans les pays à risques qui ne relèverait pas d’une urgence ou d’une nécessité absolue et, surtout, à redoubler de précaution devant ce virus qui a mis le monde entier en alerte et dont la contamination ne cesse d’augmenter de jour en jour entraînant, dans son sillage, des pertes colossales pour l’économie mondiale.

L’économie algérienne n’est pas en reste et subit, elle aussi, de plein fouet, les «douloureuses» conséquences du «destructeur» coronavirus.
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière «a notifié ce jour, dimanche 8 mars 2020, un nouveau cas confirmé de coronavirus pour atteindre un total de 20 cas confirmés, dont 17 sont issus de la même famille» résidant à Boufarik, est-il indiqué dans un communiqué du ministère, ajoutant que «ce nouveau cas est une ressortissante algérienne ayant séjourné en Espagne», mais sans préciser dans quelle ville elle se trouve actuellement.
Un petit retour en arrière démontre que les cas positifs en Algérie ont été contaminés, notamment, à partir de sujets venus de l’étranger.
Le premier cas confirmé positif le 25 février dernier était un ressortissant italien venu de Milan, ville italienne répertoriée comme un foyer du virus covid-19. La famille de Boufarik, qui compte 17 personnes atteintes, a été infectée par deux ressortissants algériens résidant en France qui étaient venus assister à une fête familiale.
Le cas annoncé positif avant-hier était un homme qui venait de rentrer d’un «pays européen» et celui annoncé hier est une femme «ayant séjourné en Espagne», selon les termes du ministère de la Santé. C’est ce qui justifie, d’ailleurs, son appel à reporter tout déplacement dans les pays à risques qui ne serait pas dicté par une nécessité absolue.
«Afin de réduire le risque d’importation et d’extension de cette épidémie mondiale, il est conseillé aux citoyens algériens devant se rendre dans les pays où l’épidémie est active de différer leur voyage, sauf en cas de nécessité absolue, et dans ce cas, ils doivent prendre toutes les mesures préventives pour éviter toute contamination», peut-on lire dans le communiqué du département ministériel du professeur Abderrahmane Benbouzid.
L’évadé de l’hôpital
de Boufarik retrouvé
Revenant sur le cas de l’homme confirmé positif ayant «fui» avant-hier de l’Etablissement hospitalier de santé (EHS) de Boufarik, où il se trouvait en quarantaine en compagnie des autres malades, le ministère a fait état de la fin de cavale pour ce patient, indiquant que «le cas symptomatique ayant quitté l’hôpital de Boufarik a été remis en observation». L’homme en question a finalement été retrouvé… à Mostaganem, errant, au beau milieu de la nuit. En fait, il s’agit d’«un bonhomme, âgé de 41 ans, atteint de troubles mentaux», selon le directeur de la santé et de la population (DSP) de cette wilaya, Tewfik Mohamed Khalil, qui a raconté les conditions dans lesquelles a été retrouvé le malade. Il a expliqué qu’il a été gardé et mis en isolement au niveau de l’hôpital psychiatrique de Tidjdit (un quartier situé en banlieue), où il reçoit tous les soins inhérents à son état de santé physique et mental.
De même que toutes les personnes identifiées avec lesquelles il a été en contact ont également été «mises en isolement pour 14 jours, notamment les cinq personnes qui l’ont trouvé ainsi que le personnel médical qui l’a pris en charge avant de savoir que c’était la personne atteinte de coronavirus évadée de l’EHS de Boufarik», a affirmé, pour sa part, le directeur de la prévention au niveau de la DSP de Mostaganem, Mohamed Benahmed. Notons que le ministère n’avait pas annoncé avant-hier qu’un malade avait «quitté» l’EHS de Boufarik, sans doute pour éviter d’alarmer la population, mais l’information avait circulé toute la journée sur les chaînes privées et les réseaux sociaux.
Sur un autre plan, celui de la prévention, il convient de noter que ceux qui ne suivent pas les consignes émises par le ministère de la Santé de «se mettre en état de recevoir à n’importe quel moment un cas suspect de covid-19» vont devoir non seulement répondre de leur laisser-aller mais peuvent également en payer un prix cher, allant jusqu’à leur coûter leur poste. C’est ce qui s’est passé, hier, à l’hôpital Bouzidi Lakhdar de Bordj Bou Arréridj.
Lors d’une visite de travail inopinée du wali à cette structure sanitaire, il a été constaté que le service devant accueillir d’éventuels sujets suspectés d’être atteints de coronavirus était dans un état «inacceptable», de même que d’autres services qui ne répondaient pas aux conditions exigées pour recevoir des malades. Ceci alors que le directeur de l’hôpital avait déjà été destinataire de certaines «réserves émises par une équipe d’inspection envoyée par le wali auparavant». Ce laisser-aller a coûté son poste au directeur en question. Un cas qui doit servir d’exemple en ces temps d’épidémie mondiale qui coûte cher en vies humaines. n