Limogé de son poste dimanche soir suite à ses déclarations irresponsables contre le chef historique de la Révolution Abane Ramdane, le désormais ancien directeur de la culture de la wilaya de M’sila, Rabah Drif vient d’être mis depuis hier mardi en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal de M’sila.

Il a été mis en prison après avoir été présenté hier mardi devant le procureur de la République pour s’expliquer sur son outrage à la mémoire du héros de la Révolution Abane Ramdane qu’il avait qualifié sur son compte Facebook de « grand traître».
Le juge d’instruction du tribunal de M’Sila a ainsi décidé de placer ce «responsable» de la culture en détention provisoire en attendant la programmation de son procès au cours duquel le tristement célèbre Rabah Drif devra répondre au chef d’inculpation d’«outrage à l’un des symboles de la guerre de la libération nationale».
Le communiqué du procureur de la République près du tribunal de M’sila indique qu’« en vertu de l’article 11 du code de procédures pénales et de l’enquête préliminaire ouverte par la police judicaire, le nommé Rabah Drif a été présenté pour des faits ayant un caractère pénal ». Le communiqué ajoute qu’après son interrogatoire, il a été déféré devant le juge instructeur du même tribunal pour accusations de délits « présentation au public de publications de nature à porter préjudice à l’intérêt national, l’intégrité et l’unité du pays », qui constituent un acte puni par les articles 96 et 79 du code pénal et des articles 52 et 66 du code du moudjahid et du chahid.
La première réaction enregistrée après ce dérapage est venue du ministère de la Culture qui a mis fin, dimanche, aux fonctions de Rabah Drif, pour « outrage et offense à l’un des symboles de la glorieuse révolution nationale ».
« Attenter à la mémoire de Abane Ramdane est un acte inacceptable dans le fond et la forme », a indiqué un communiqué du ministère de la Culture, qui rappelle qu’Abane Ramdane « est l’une des figures emblématiques de la glorieuse révolution nationale et l’un des architectes du Congrès de la Soummam ».
« L’atteinte à la mémoire des chouhada et moudjahidine qui ont sacrifié leur vie pour la patrie ne relève en aucun cas de la liberté d’expression » a ajouté le ministère qualifiant
d’ « irréfléchi » cet acte « moralement et politiquement inacceptable émanant de l’un de ses cadres ».
Cette attitude « ne respecte point les règles de responsabilité, dont doivent faire preuve chaque cadre et homme de culture qui assume la direction de la culture et représente la politique culturelle du gouvernement auprès des citoyens et des habitants de l’une des wilayas du pays », a relevé le ministère de la Culture.
Suite à ce dérapage, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad à l’effet d’élaborer un projet de loi criminalisant toutes formes de racisme, de régionalisme et du discours de la haine.
« Cette mesure intervient après avoir constaté une recrudescence du discours de la haine et de l’incitation à la fitna (discorde), notamment à travers les réseaux sociaux » a expliqué un communiqué de la présidence qui ajoute qu’elle « intervient aussi dans le but de faire face à ceux qui exploitent la liberté et le caractère pacifique du Hirak (mouvement populaire) pour brandir des slogans portant atteinte à la cohésion nationale ».
« Tout un chacun est appelé à se conformer à la Constitution et aux lois de la République, notamment le respect des constantes de la Nation et ses valeurs, les principales composantes de l’identité et de l’unité nationales ainsi que les symboles de l’Etat et du peuple », a indiqué la même source.