Le discours du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, lors de la cérémonie d’investiture, aura marqué par sa singularité. Après avoir prêté serment, il dressera un tableau des préoccupations des Algériens promettant moult chantiers dans la voie de la construction de «la nouvelle Algérie».

Le nouveau Président sera indéniablement confronté à la réalité du terrain et à la difficulté de rétablir une situation qui a fortement dérapé depuis le refus populaire de l’option du cinquième mandat. Et les différentes annonces du discours du Président se devaient, à l’évidence, de rassurer les différentes strates de la société sur un avenir qui s’annonçait sombre et incertain. Le nouveau Président annoncera que la Constitution sera révisée dans les quelques mois ou semaines à venir.
Une révision considérée comme «une pierre angulaire» pour«l’édification de la nouvelle République» et «la réalisation des revendications du Hirak». Le choix des mots n’aura évidemment échappé à personne. L’avènement de Tebboune à la tête de l’Etat intervient au cœur d’une instabilité politique marquante, qui dure depuis notamment le départ de l’ex-président. La nouvelle Constitution réduira, selon le nouveau locataire du Palais d’El Mouradia, les prérogatives du président de la République, neutralisera toute tendance autocratique, garantira la séparation des pouvoirs, confortera la lutte contre la corruption «en interdisant l’impunité pour les corrompus» et protégera les libertés collectives et individuelles, les droits de l’Homme, la liberté de la presse et la liberté de manifester. Comme pour la Constitution de 1996 et de 2016, la nouvelle Loi fondamentale devrait limiter le mandat présidentiel à deux. Un verrou qui aura longtemps focalisé l’attention durant le règne de Abdelaziz Bouteflika qui l’aura fortement fragilisé. Une nouvelle loi électorale est également annoncée par Tebboune dont les contours seront connus à l’avenir.

Le défi de la confiance
Le nouveau président sera indéniablement confronté à une mission délicate, celle de rétablir la confiance du peuple en son Etat. Un impératif, lorsque l’on sait que la crise politique n’est toujours pas complètement résolue avec la persistance des manifestations populaire dans les rues. Le Hirak est aujourd’hui une réalité qu’il faudrait prendre en compte.
Le retour à une vie politique normale sera indéniablement le grand projet du nouveau Président. Avec la déroute des partis politiques traditionnels, il sera particulièrement difficile mais nécessaire de renouer avec les partis politiques, ceux de l’opposition notamment. Tebboune annoncera que l’Etat va relancer les grands projets structurants, encourager les investissements productifs et promouvoir les PME aux fins de «construire une économie forte et diversifiée, créatrice d’emplois et de richesses, qui assure notre sécurité alimentaire et nous éloigner de la dépendance des hydrocarbures». La question de l’économie sera l’un des thèmes les plus cruciaux. Dans un pays qui souffre à ce niveau, malgré ses potentialités, cette question devrait constituer une priorité. Le nouveau Président fera beaucoup de promesses se disant s’atteler à remédier aux carences qui touchent beaucoup de secteurs. Avec les clins d’œil d’usage. Tebboune promettra ainsi aux «hommes d’affaires honnêtes» tout l’appui de l’Etat dans leurs investissements.
Abdelmadid Tebboune a voulu probablement être prometteur dans son discours qui aura touché pratiquement tous les thèmes de la vie nationale, en espérant redonner un souffle nouveau dans une déprime généralisée. Les prochaines semaines donneront une indication plus claire sur les intentions et les moyens qui seront mis pour réaliser ces objectifs.