La Société d’exploitation des tramways (Setram) de Ouargla a diffusé, le 24 mai dernier, un communiqué, à valeur de rectificatif, dans lequel elle regrette une erreur parue dans un avis de candidature interne, daté du 6 mai dernier, qui exigeait des postulants de maîtriser la langue kabyle, en plus de l’arabe et du français s’entend.

L’annonce, Internet et réseaux sociaux aidant, a suscité la perplexité de nombreux Ouarglis, qui s’interrogeaient sur le bien-fondé d’une telle exigence. La Setram a depuis rectifié le tir et a publié un nouvel appel à candidature pour recruter 4 opérateurs de service clientèle.
Dans son communiqué, elle écrit que «la direction de la Setram tient à rectifier auprès de la population de Ouargla et de ses autorités les conditions de recrutement des salariés […] Un avis de recrutement diffusé dans les locaux de la Setram pour un poste d’opérateur de service clientèle a fait figurer par erreur la nécessité de la maîtrise de la langue kabyle. Il s’agit d’une erreur de transcription, la Setram n’exigeant pas, bien entendu, ce type de compétence linguistique. La Setram s’excuse auprès la population de Ouargla et de ses autorités pour cette erreur déjà rectifiée par un nouvel affichage interne». Evidemment, les jeunes Ouarglis avaient entre-temps exprimé tout le «mal» qu’ils pensaient de cet appel à candidature, la qualifiant de «discriminatoire» et de «raciste». «Ces postes sont destinés à des gens bien définis qui ne sont pas de la région», dénonçaient-ils sur les réseaux sociaux, considérant que c’est le propre de la politique de recrutement de toutes les entreprises implantées dans le Grand-Sud. «Une politique de discrimination systématique qui vise, selon eux, à éloigner les candidats du Sud, notamment ceux de Ouargla, qui ne bénéficient que rarement de postes d’emploi proposés par les agences». En effet, ce n’est pas la première fois qu’une polémique de ce genre éclate au sujet de prétendus dépassements dans le recrutement des jeunes de la région. La Sonatrach, l’ENTP, l’ENSP et l’ENGEO ont été maintes fois pointées du doigt. En 2017, près de 316 actions de rue ont été menées par des chômeurs et demandeurs d’emploi pour dénoncer «cette discrimination à l’embauche», touchant spécialement la jeunesse des régions Sud du pays. Parmi les centaines d’offres qu’obtient la direction de l’Anem d’Ouargla, seuls des postes sous-qualifiés – manœuvres, plongeurs, chauffeurs ou femmes de ménage – sont affichés les mercredis dans ses agences.