Après trois jours de débrayage hebdomadaire, ponctués par un rassemblement devant le siège annexe de la tutelle, la Coordination nationale des enseignants grévistes du cycle primaire s’accorde une session d’évaluation des actions menées depuis le déclenchement surprise de ce mouvement de protestation, qui paralyse depuis une partie importante des établissements du premier cycle.
En effet, cette coordination tiendra une réunion ce week-end pour, outre le souci d’observer une évaluation objective de la situation, étudier les mécanismes de recadrer la protestation qui vise à faire aboutir certaines revendications socioprofessionnelles.
Cette réunion aura ainsi une finalité d’évaluation de la mobilisation des enseignants, mais aussi celle des différentes réponses apportées par les pouvoirs publics depuis l’entame du débrayage notamment celle annulant toute possibilité de dialogue avec une organisation syndicale qui n’est pas agréée.
Ce message exclut de fait des pourparlers entre la tutelle et cette coordination qui n’a pas manqué, faut-il le reconnaître, de défrayer la chronique depuis le début au nez et à la barbe des syndicats traditionnels et d’une tutelle qui semblait avoir « maîtrisé » la contestation sociale.
Contacté hier par nos soins, ce coordinateur national qui a préféré garder l’anonymat, a affirmé que cette réunion, qui regroupera les 50 membres nationaux de la coordination, «ne sortira pas avec de nouvelles décisions portant sur l’escalade. Néanmoins elle va les étudier et mesurer le degré de la mobilisation au sein des enseignants du primaire pour se fixer sur les démarches à entreprendre à l’avenir ». « L’une des raisons pour lesquelles nous allons nous pencher sur la question de la mobilisation est liée à la régression de la grève elle-même.
Nous avons enregistré lors de la première journée de notre grève cyclique de trois jours un taux d’adhésion d’environ 65%.
D’après les appréciations de nos coordinateurs dans les différentes wilayas, ce taux était seulement de 40% lundi, lors de la première journée de notre grève cyclique de la semaine en cours. Cette régression est expliquée notamment par la longue durée de la grève, observée depuis le 6 octobre dernier, ainsi que les prélèvements sur salaires que certains enseignants grévistes ont subi », ajoute également ce représentant d’une wilaya du centre du pays.
A une question de savoir comment la coordination des enseignants du primaire entreprend cette mobilisation, la même source nous dira qu’elle se fait à travers « des réunions directes avec les enseignants du primaire par commune ou par secteur ». Dans l’organisation de la tutelle, un seul secteur de l’éducation contient 5 écoles dans un endroit déterminé.
Cette contestation qui dure depuis le 6 octobre dernier a pour but de faire aboutir certaines revendications socioprofessionnelles qui concernent notamment l’application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14-266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire en attendant d’arriver à l’unification de ce classement avec les autres paliers de l’Education nationale. Les revendications concernent également la suppression de toutes les tâches pédagogiques ou, à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate comme le veulent les enseignants grévistes.