C’est fait ! L’accord convenu jeudi entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires a été officialisé dimanche, après une nouvelle réunion par visioconférence qui a permis de mettre fin aux réticences manifestées par le Mexique.

En effet, «le but de cette deuxième réunion était de s’assurer des chiffres concernant l’ensemble des pays membres de cet accord trouvé jeudi», a fait savoir le ministre de l’Energie Mohamed Arkab. «Nous devions après le premier accord réétudier les chiffres concernant l’Etat du Mexique sur la part de baisse de production pétrolière», a-t-il souligné.
Comprendre que l’entente de jeudi s’est transformée en «consensus» que le ministre saoudien de l’Energie Abdul Aziz bin Salman s’est chargé d’annoncer, sur Tweeter, dès la fin de la réunion de dimanche, avant que son homologue koweitien Khaled al-Fadhel n’en fasse la confirmation pour parler d’un accord «historique» de l’Opep+ chiffré à «près de 10 millions de barils par jour, à dater du 1er mai».
De son côté, la représentante mexicaine Rocio Nahle Garcia a également salué sur Twitter «l’accord unanime des 23 pays participants», parlant d’une «réduction de 9,7 millions de barils de pétrole» à partir de mai. Comprendre que la démarche adoptée lors de la réunion de dimanche a abouti à une très légère révision des quotas de réduction annoncés préalablement sur les deux années allant de mai prochain au même mois de 2022.
Ainsi, cette période de coopération des pays engagés dans l’accord sera entamée par des coupes de 9,7 millions de barils par jour (mbj) durant ses deux premiers mois, mai et juin, avant de passer à 7,7 mbj lors du second semestre de l’année en cours, et se poursuivra par une baisse de 5,8 mbj de janvier 2021 à fin avril 2022. C’est donc un accord historique qui porte sur la plus grande baisse de production de l’histoire auquel sont parvenus les pays de l’organisation et leurs alliés.
Une opération qui n’a pas tardé à ouvrir la voie à une série de déclarations et de commentaires émanant de nombreux pays producteurs, sur fond de satisfactions et d’espoir de voir le marché de stabiliser face au coup dur porté par la pandémie de coronavirus aux prix, les faisant passer de 60 dollars en janvier à près de 20 dollars il y a quelques jours, soit le pire trimestre de l’histoire de ce marché. Il s’agit d’un «très bon accord pour tous !», a tweeté le Président américain Donald Trump. «Cela sauvera des centaines de milliers d’emplois dans le secteur de l’énergie aux Etats-Unis. Je voudrais remercier et féliciter le président russe (Vladimir) Poutine et le roi Salmane d’Arabie saoudite. Je viens de leur parler depuis le Bureau ovale» de la Maison-Blanche, a-t-il ajouté dans une conjoncture de crise qui n’a pas épargné les producteurs américains et poussé Washington à rompre avec ses hostilités envers l’Opep et, même plus, participer activement à réconcilier Ryad et Moscou, engagés dans une guerre des prix depuis l’échec de la réunion de l’alliance, le 6 mars dernier.
Les Etats-Unis, premier producteur mondial, ne sont pas membres de l’alliance Opep+, ils «soutiennent l’accord», favorable à leur industrie de pétrole de schiste, en grande difficulté, a indiqué le ministre de l’Energie Alexandre Novak. «Ils disent qu’ils sont prêts à contribuer à la baisse de la production, on a entendu des chiffres allant de 2 à 3 millions de barils par jour», a-t-il dit dimanche. C’est d’ailleurs la réconciliation entre le chef de file de l’Opep et son égal chez les pays partenaires du cartel, sous la médiation de Donald Trump, qui a rendu possible la réhabilitation de la coopération dans le cadre de l’Opep+, et mieux, d’élargir cette coopération à d’autres pays producteurs invités à la réunion exceptionnelle de jeudi dernier dans l’objectif de les faire participer à la réduction de l’offre face à une demande de l’or noir en net repli sous l’effet des mesures sanitaires planétaires mises en place face à la propagation du Covid-19.
Figurant parmi ces invités, le Canada, quatrième producteur mondial, n’a pas manqué de saluer l’Opep+ sur la baisse conclue. «Nous accueillons avec plaisir toute nouvelle qui apporte de la stabilité aux marchés pétroliers mondiaux», a écrit le ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan dans un tweet, soulignant que le gouvernement canadien était «très préoccupé par l’instabilité des prix du pétrole et par ses conséquences pour les travailleurs du secteur et leurs familles». n