Le prolongement de la période du confinement de deux semaines supplémentaires risque, désormais, de mettre davantage sous pression les entreprises touchées de plein fouet par la pandémie et ses conséquences.

Alors que la réalité sanitaire, toujours angoissante, exige la plus grande prudence à décréter un retour à «la normale», la situation économique et commerciale continue à subir une récession dont les conséquences sont encore très difficiles à définir. L’actuelle crise est arrivée après une double période d’inconstances. Les entreprises algériennes qui ont enduré des difficultés financières de la crise économique, accentuées par une période d’incertitude politique durant l’année 2019, font face aujourd’hui à un troisième choc, celui de la Covid-19. Cette dernière phase inattendue aura été la plus douloureuse en ce qu’elle aura induit comme nécessaires précautions autant de sacrifices pour la collectivité. Un certain nombre d’entreprises se sont vues obligées de mettre en congé leurs employés faute d’activité, ce qui ne manquera pas de les faire basculer dans des imbroglios sociaux complexes et sans fin. Ces entreprises, dont la plupart fonctionnent dans des conditions difficiles, obligées de se conformer à des horaires stricts, se considèrent déjà comme favorisées en comparaison avec d’autres, dans l’attente de jours meilleurs. D’autres encore ont été obligées de suspendre complètement leurs activités et attendent la reprise avec une grande appréhension. Un certain nombre d’activités risquent, en effet, de ne pas se relever après le passage, toujours sans fin, de «l’ouragan» coronavirus. Plusieurs d’entre elles risquent même de mettre la clé sous le paillasson en l’absence d’un plan de relance et d’une aide franche de l’Etat pour leur sauvegarde et leur relance. Alors qu’un début de déconfinement n’est pas encore à l’ordre du jour, les entreprises restent globalement dans le flou appréhendant un avenir qui risque d’être compliqué.
L’espoir d’une relance
On parle aujourd’hui d’au moins 90 000 entreprises qui risquent la faillite à cause notamment de la stagnation de l’activité économique et le ralentissement de la consommation. La fragilité structurelle d’une partie de ses entreprises devrait accélérer leur disparition avec les conséquences sociales qui en découleront. Reste à espérer que dans une Algérie en reconstruction constitutionnelle, un renouveau sera au rendez-vous avec la reprise espérée d’une période de création d’entreprises dans divers secteurs. Pour certains observateurs, le déconfinement mondial laissera également place à une phase de relance des activités forcées au ralentissement. Une vague sur laquelle il faudrait surfer. Aujourd’hui, en plein dans cette période pandémique, l’Etat essaye tant bien que mal d’aider à amortir le choc par des mesures dont les effets ne semblent toujours pas palpables au cœur d’une crise qui aura ébranlé les économies les plus solides. Les faillites risquent de générer une hausse du taux de chômage et une érosion du pouvoir d’achat des ménages. En effet, les conséquences économiques de la pandémie seront aussi difficiles, voire davantage, que les effets de la pandémie elle-même. Le regard reste fixé vers une fin du confinement et l’annonce d’un retour à l’activité normale. Un retour qui, on le sait désormais, ne sera pas comme avant. Il n’y aura visiblement pas un retour à l’activité sans de nouvelles règles de fonctionnement et des exigences sanitaires strictes. L’entreprise algérienne, d’une crise à l’autre, semble décidément toujours en quête d’un beau temps à l’horizon incertain. n